Les cours du pétrole sont la principale variable de lecture des économies du Golfe. C’est la raison pour laquelle la chute brutale des cours au second semestre 2008 a affecté cette région, notamment le secteur immobilier et les grands projets d’infrastructure, après des mois de croissance exceptionnelle.
Toutefois, selon Kamran Butt, Head Middle East Equity Research du Credit Suisse, la croissance devrait se situer autour de 3,5-4 % en 2009. « En termes relatifs, c’est moins qu’en 2008, mais la performance reste appréciable dans un contexte de récession mondiale. »
Selon lui, les pays du Golfe ont le coussin financier nécessaire pour absorber le choc de la crise et injecter des liquidités pour donner du souffle à leurs économies, même si le pétrole reste au dessous des 60 dollars.
D’ailleurs, « les grandes multinationales continuent de considérer le Moyen-Orient comme un marché prometteur pour les dix prochaines années, une zone en croissance ».
Cependant, pour l’instant, les marchés souffrent encore d’un manque de confiance dû à la violente correction subie au second semestre 2008. « Nous attendons que les prévisions de résultats des compagnies, encore surévaluées à notre avis, soient révisées à la baisse. Pour l’instant, nous restons très prudents sur ces marchés. »
Tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne. Pour le Credit Suisse, qui a établi un classement en fonction de quatre critères (croissance, secteur immobilier, sentiment des investisseurs et liquidités disponibles), l’économie du Qatar est celle qui s’en sortira le mieux et celle de Dubaï le moins bien. Classement des économies du Golfe pour 2009
1 Qatar L’une des croissances les plus élevées au monde en 2009 (+10 %)
2 A. Saoudite Le coussin bâti ces dernières années est efficace et les banques du royaume
sont en meilleure posture qu’ailleurs
3 Abou Dhabi Bénéficie de son coussin financier
4 Koweït Profite d’une forte épargne accumulée
5 Oman Le pays a un potentiel de développement important
6 Bahreïn A fait un gros pari sur le secteur financier qui est aujourd’hui affecté
7 Dubaï Arrive dernier pour la majorité des critères. Souffre d’un endettement énorme
de 80 milliards de dollars, même si sera secouru par Abou Dhabi qui voudra éviter
le risque systémique aux Émirats arabes unis.