À l’image de la structuration de l’économie libanaise, les commerces et les services sont les premiers bénéficiaires des crédits bancaires : selon la Banque du Liban, en novembre 2008, 49,6 % des crédits alloués aux entreprises (PME et “Corporate”) concernaient le commerce et les services, 16,1 % la construction et le bâtiment, 17,1 % l’industrie et 0,7 % l’agriculture.
Ce dernier pourcentage est même de 0 % à la CreditBank depuis 2003. « Nous accordons quelques prêts de 100 000 à 150 000 dollars à des clients ayant des petits projets agricoles, mais il s’agit d’individuels, pas d’entreprises au sens propre. Le secteur manque de débouchés », soutient Nayla Zaidan, responsable des PME.
L’introduction des prêts Kafalat a néanmoins permis de soutenir l’industrie et l’agriculture, en diminuant les garanties requises et en proposant des prêts à long terme, sur sept ans. « Au niveau de l’agriculture, nous allons par exemple privilégier le financement de produits qui ne peuvent pas être concurrencés au niveau régional : exemples, le kiwi ou le vin de la Békaa », précise Élie Aoun, en charge de la direction des PME et des professionnels à la Banque libano-française, où l’agriculture représente 1 % du portefeuille de crédits aux entreprises. Les prêts Kafalat ont également permis une extension des zones bénéficiaires de crédits, alors que les prêts classiques se concentrent, en montant ou en nombre, sur Beyrouth et sa banlieue. « Avec Kafalat, nous finançons de nombreux projets agricoles, dans la Békaa et dans le Sud », explique ainsi Antoine Zarifeh, responsable PME chez Fransabank.
L’agriculture et l’industrie bénéficient également de prêts subventionnés venant de fonds étrangers tels ceux de l’Agence française de développement (AFD) de la Société financière internationale (groupe Banque mondiale), ou encore prêts de la Banque européenne d’investissement. Ces crédits sont attribués à travers des lignes de crédits accordées aux banques, qui allouent ensuite des prêts aux entreprises dont le profil correspond aux conditions d’octroi (exemples : sociétés affectées par la guerre de 2006 pour les prêts AFD). Par exemple, 72 % de la ligne de crédit de 50 millions d’euros octroyée fin 2005 par la BEI à la Banque Byblos a été allouée à l’industrie et 9 % à l’agroalimentaire, selon la FEMIP, qui regroupe l’ensemble des instruments d’intervention de la BEI dans les pays méditerranéens partenaires.
« Ces programmes aident les banques à résoudre leur problème d’asymétrie entre leurs ressources de courte durée et les besoins de prêts à long terme de secteurs comme l’industrie ou l’agriculture », note Élie Aoun, de la Banque libano-française.