La Syrie traverse la période de sécheresse la plus grave depuis 40 ans. Les précipitations, inférieures à la moyenne pour la deuxième saison consécutive, ont provoqué une perte de la majorité des récoltes. D’autres aléas climatiques ont frappé le pays en 2008 : une gelée continue durant 50 jours, des tempêtes de sable fréquentes et une irrégularité des températures moyennes.
Ces problèmes ont eu un impact très négatif sur le secteur. Il a subi la perte totale des récoltes des surfaces non irriguées, la perte de la moitié des récoltes des surfaces irriguées et la perte des semences et fourrages de blé et orge. Plus de 250 000 agriculteurs ont été pratiquement ruinés. La production de blé a stagné officiellement à 1,1 million de tonnes, soit un déficit de 2,7 millions de tonnes par rapport aux besoins locaux. Le pays a donc accepté un don de 500 000 tonnes des Émirats arabes unis et a commandé 120 000 tonnes à la Russie. Ces premières importations depuis 15 ans revêtent une importance particulière, l’autosuffisance en la matière n’étant désormais plus assurée. Le rendement de la filière animale, notamment ovine, a été très faible, avec plus de 120 000 éleveurs touchés.
Pour parer à cette situation inquiétante, plus d’un milliard de dollars ont été affectés à la subvention des achats de blé dans le projet de budget 2009, alors que les enveloppes consacrées aux ministères de l’Agriculture et de l’Irrigation ont été respectivement augmentées de 25 et de 22 % par rapport au budget 2008. Un plan d’urgence a également été adopté, mais plusieurs autres mesures doivent être immédiatement mises en place pour empêcher une migration complète vers les zones urbaines. Il faudrait notamment subventionner la distribution de semences de blé et d’orge aux propriétaires de zones non irriguées (140 millions de dollars), celle des engrais azotés (440 millions de dollars) et celle du fourrage (960 millions), octroyer des prêts bonifiés et installer des stations de traitement des puits pollués.