Le Liban n’obtient que de bien maigres résultats dans la lutte contre la pauvreté malgré un niveau élevé de dépenses sociales, comparable en termes relatifs à celui des pays développés. Elles représentaient 21 % du PIB, pour la période 2001-2004, selon les derniers chiffres disponibles, tandis que les dépenses budgétaires à but social représentaient 42 % des dépenses publiques. Partant de ce constat, le gouvernement cherche à mieux allouer ses dépenses, car bon nombre de mesures actuelles ne sont pas optimales. La subvention du mazout en hiver par exemple tend à bénéficier davantage aux ménages aisés, pour qui la consommation de mazout représente 0,19 % des dépenses, contre 0,06 % du budget des ménages pauvres, selon une étude du ministère des Finances.
L’objectif n’est donc pas de dépenser plus, mais mieux, en ciblant les aides accordées. Et pour cela, il faut commencer par identifier les personnes dans le besoin. Le ministère des Affaires sociales, en partenariat avec le PNUD, a ainsi développé un projet pilote en 2007 à Tarik Jdidé, Chiah et Aïn el-Remmané dans la région du Grand Beyrouth, financé par la Banque mondiale. Des questionnaires (dont l’élaboration vient d’être achevée) prenant en compte des données objectives, comme la taille du logement ou la situation professionnelle, établissent un classement des ménages en fonction de leurs besoins. Une aide unique, d’un montant moyen de 50 000 livres, devait être ainsi versée en avril à 3 000 familles, considérées comme fragiles. Une fois l’impact de ces aides étudié, d’ici à un an, le modèle devrait être élargi à tout le pays, sachant que le projet de ciblage, financé par un don de la Banque mondiale, a coûté six millions de dollars.