Une étude élaborée par deux professeurs de l’Université américaine de Beyrouth (AUB), Nisrine Salti et Jad Chaaban, met en garde contre le risque d’une aggravation de la pauvreté au cas où la TVA est portée progressivement à 15 % comme prévu dans le plan de réformes de Paris III (12 % en 2008 et 15 % en 2009).
Les résultats de l’étude réalisée en collaboration avec le ministère des Affaires sociales et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) ont été exposés lors d’une conférence organisée par la Lebanese Economic Association et l’Institut des finances.
L’étude se fonde sur un modèle économique qui mesure notamment l’effet d’une variation des prix sur la demande. Une hausse du taux de la TVA à 12 % porterait la part des ménages sous le seuil de pauvreté (fixé à 4 dollars/jour) à 35 % de la population dont 10 % sous le seuil d’extrême pauvreté (2,4 dollars/jour) contre respectivement 28 et 8 % actuellement. Si le taux est porté à 15 %, la part des ménages pauvres augmenterait à 47 % de la population.
Selon Nisrine Salti, « une hausse de la TVA de deux ou de cinq points n’affectera toutefois pas les ménages vivant aujourd’hui sous le seuil de pauvreté, grâce aux nombreuses exemptions sur les produits de base faisant partie intégrante de leur panier de consommation. En revanche, ce sont les nombreux Libanais appartenant à la classe moyenne inférieure, dont le niveau de vie est largement sensible aux variations de prix qui risquent de pâtir d’une hausse de la TVA et de tomber ainsi sous le seuil de pauvreté ».
Par ailleurs, l’étude souligne qu’une hausse de la TVA léserait davantage les ménages riches que les ménages défavorisés. En effet, une augmentation de deux points réduirait de 19 % les dépenses de consommation des personnes vivant dans la tranche supérieure (20 % des plus riches) contre une réduction de 11 % des dépenses de consommation de la tranche des 20 % les plus pauvres.