Si les États-Unis sont l’un des pays les plus avancés du monde en terme de connexion haut débit, Barack Obama n’a pour autant l’intention de se reposer sur ses lauriers. Arrivé à la présidence dans un contexte de crise financière grave, il voit en l’Internet une voie de salut économique. Dans un message aux Américains enregistré le 6 décembre dernier, Obama, alors président élu, dévoilait les premières grandes lignes de son plan de relance. Parmi les réformes proposées, le perfectionnement de l’accès Internet pour tous. « Ici, dans le pays qui a inventé l’Internet, chaque enfant devrait pouvoir se connecter – et chaque enfant aura cette opportunité lorsque je serai président. Parce que c’est ainsi que nous renforcerons la compétitivité de l’Amérique dans le monde. »
Ce tribut au pouvoir de l’Internet se fonde sur des observations concrètes. En 2007, une étude menée par Massachusetts Institute of Technology et par la Brookings Institution, un think-tank réputé, a conclu que chaque point supplémentaire de taux de pénétration du Broadband aux États-Unis correspondait à 300 000 créations d’emplois.
Obama s’est aussi engagé à rattraper le retard pris par les États-Unis sur d’autres pays développés en terme de connectivité Internet. Un rapport publié en juin 2008 par le cabinet d’avocats américain Baller-Herbst soulignait que le pays avait glissé au 14e rang mondial en terme de vitesse moyenne de téléchargement : avec 8,9 Mb/s, il arrive loin derrière le Japon (93,7 Mb/s) et la France (44,2 Mb/s). Surtout, le rapport s’alarmait du peu d’entreprises disposées à déployer des technologies haut débit dans les zones les plus reculées où l’investissement est moins rentable. Obama a donc promis davantage d’ordinateurs dans les salles de classe et l’extension de services haut débit jusque dans les régions mal desservies. Depuis son intronisation, il semble tenir ses promesses : son plan de relance économique prévoit de consacrer 7,2 milliards de dollars au développement de l’Internet haut débit. Et pour Blair Levin, conseiller officieux du président américain, « ce n’est qu’une fraction de la somme nécessaire ». Cet argent sera distribué sous forme de subventions, octroyées à des compagnies de télécommunications ou fournisseurs d’accès qui souhaitent développer le réseau Broadband dans des zones qui en manquent. Les projets devront être complétés d’ici à 2012.