Les secteurs productifs irakiens sont en très mauvais état. La capacité du secteur agricole irakien est profondément atteinte. D’exportateur net de produits agricoles, l’Irak est devenu importateur pour la quasi-totalité de ses besoins. Les terres arables se réduisent au rythme de 3 % par an aux dires de certains observateurs. La salinisation et donc la stérilisation des terres, provoquée par une irrigation maladroite, se poursuivent. Les ressources en eau ont été gravement réduites par les prélèvements opérés en amont (en Syrie et en Turquie). La sécheresse des dernières années a provoqué un exode rural massif.
Au niveau du secteur industriel, ses capacités, hors pétrole, sont très réduites. Trois conflits, un embargo de douze ans et surtout le pillage intense de toutes les installations pratiqué en avril 2003 par une population appauvrie ont pratiquement mis hors service de nombreux équipements. L’ensemble du secteur souffre, par ailleurs, de l’exode du personnel qualifié. Le secteur pétrolier fait cependant exception à cette situation sinistrée, bénéficiant d’une protection particulière de l’autorité provisoire et aussi d’investissements suffisants à son bon fonctionnement. Ce secteur a été ainsi en mesure d’atteindre un niveau de production égal à celui de 2003, toutefois inférieur à ceux de 1980 et 1990.
Quant au secteur des services, sa production est très insuffisante. La mise à l’écart pour motifs politiques de nombreux cadres expérimentés ainsi que le recrutement récent sur base politicienne constituent un handicap important au fonctionnement du secteur. La santé pâtit de la destruction des installations, de l’absence d’investissement et de l’exode des médecins. L’espérance de vie s’est réduite. Le secteur bancaire reste sous-développé par rapport aux besoins d’une économie de marché. Les réformes nécessaires identifiées par les experts ne sont pas véritablement entrées en vigueur.
À très court terme, l’unique solution est de sauvegarder les recettes pétrolières, alors qu’à moyen terme, une diversification de l’économie à partir des multiples et grands atouts du pays s’avère indispensable.