Beiteddine n’a pas fini de digérer l’annulation du spectacle de Gad Elmaleh liée à la polémique déclenchée par al-Manar concernant les affinités présumées de l’humoriste français avec Israël. Au-delà de l’impact culturel et politique de l’événement, le festival déplore un véritable coût économique.
Le coût direct de l’annulation représente 125 000 dollars, explique Hala Chahine, membre du comité exécutif et directrice du festival. « Cela correspond à la part imputée sur les trois soirées programmées avec Gad Elmaleh de l’ensemble des frais de gradins, de lumière, de communication, de publicité, de logistique, etc. », précise-t-elle.
À ce coût direct s’ajoute un manque à gagner de 140 000 dollars correspondant aux revenus des sponsors et aux recettes de la billetterie, sachant que 12 000 places avaient été vendues. Les recettes des trois représentations de Gad Elmaleh devaient permettre de compenser, en partie, les pertes de soirées plus coûteuses (orchestres, grands spectacles, etc.).
L’artiste ayant décidé de son propre chef de renoncer à se rendre au Liban, son cachet, dont le montant n’est pas divulgué, a en revanche été restitué au festival.
Beiteddine a aussi calculé le manque à gagner direct pour les compagnies d’aviation, de transport, les hôtels, etc. qui avaient été mobilisés pour Gad Elmaleh. Il est supérieur à 40 000 dollars. Hala Chahine mentionne enfin d’autres pertes indirectes difficiles à évaluer : « D’abord, celles qui affectent la région du Chouf dont les commerces bénéficient d’un apport saisonnier durant la période du festival ; ensuite, celles qui touchent le pays en général, puisque de nombreux spectateurs résidant à l’étranger devaient faire spécialement le voyage au Liban pour l’occasion et y auraient passé trois jours en moyenne. »
L’annulation des représentations de Gad Elmaleh aggrave en tout cas un peu plus le trou dans les caisses de Beiteddine, dont les comptes subissent encore le contrecoup de la guerre de l’été 2006. Le conflit a occasionné 350 000 dollars de pertes. L’impossibilité de tenir le festival en 2007 a augmenté la facture d’environ 80 000 dollars, correspondant aux frais administratifs de cette année-là. « L’État nous a alloué une aide gouvernementale de 220 000 dollars en 2008 et nous attendons encore un versement en 2009, mais, entre-temps, les intérêts courent », déclare la présidente du festival, Nora Joumblatt.
Avec un budget total de 2,5 millions de dollars cette année, Beiteddine conserve malgré tout bon espoir pour la saison 2009. « L’été a très bien démarré, les deux premiers spectacles ayant fait salle comble », se félicite Hala Chahine.
Déjà abonné ? Identifiez-vous
Les articles de notre site ne sont pas disponibles en navigation privée.
Pour lire cet article, veuillez ouvrir une fenêtre de navigation standard ou abonnez-vous à partir de 1 $.
Pour lire cet article, veuillez ouvrir une fenêtre de navigation standard ou abonnez-vous à partir de 1 $.


