Les stationnements chaotiques sur les voies de circulation expliquent en partie le ralentissement du trafic. La situation ne semble pas prête de changer, car la répression de la police reste insuffisante et l’absence de places de stationnement dans Beyrouth et ses banlieues incite les automobilistes à se garer n’importe où. Avant les années 60, les lois d’urbanisme n’imposaient pas de construire des parkings dans les immeubles résidentiels, ce qui fait que tous les immeubles des années 40 et 50 ne disposent pas de places de stationnement (notamment à Rmeil, Mazraa et Mousseitbé). Et malgré de nouvelles réglementations en la matière dans les années 90, les ratios n’ont pas toujours été scrupuleusement respectés (les espaces parking étant utilisés pour d’autres fonctions). D’où un déficit important de places de parking, qui avait été estimé à 60 000 en 1995 pour le Grand Beyrouth par le Plan de transport urbain. La municipalité de Beyrouth, qui s’était engagée à construire des parkings publics, n’a pas tenu ses promesses, malgré plusieurs partenariats avec des capitales étrangères. Elle a préféré laisser aux propriétaires privés la responsabilité de fournir aux automobilistes des places de stationnement public. Mais ces parkings sont souvent provisoires : les propriétaires fonciers aménagent leurs parcelles vides en parking, en attendant de construire des immeubles. Les parkings finissent donc par disparaître : c’est par exemple le cas du grand parking de Gemmayzé, qui devrait être d’ici peu transformé en immeuble. La municipalité de Beyrouth, pour créer plus de places de stationnement, a récemment envisagé de construire des parkings publics* sous les jardins publics de Beyrouth, notamment Sanayeh, Sioufi et le Jardin des jésuites en parkings souterrains et/ou à ciel ouvert. Le projet, qui a suscité un vrai tollé en pleine période électorale, n’a pas été encore formellement annulé par la municipalité (aucune décision au Journal Officiel n’a été publiée en ce sens).
D’une manière générale, la construction de nouveaux parkings publics s’avère à double tranchant : elle est une bonne solution en cas d’absence de transport en commun, mais pourrait aussi inciter les usagers à utiliser leurs automobiles plutôt que les transports collectifs si ceux-ci sont finalement développés. À court terme, il apparaît tout de même nécessaire d’en construire dans des zones spécifiques où les déficits de parkings sont importants.
(*) Le conseiller municipal Ralph Eid indique que la municipalité a juste pris la décision de « lancer une étude de faisabilité ».
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