Dans son dernier rapport trimestriel (troisième trimestre 2009) sur l’économie libanaise, la Bank Audi est arrivée à la conclusion que le Liban a été le plus résilient des pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord face à la crise financière internationale. « La performance de l’économie libanaise a été saluée par les grandes institutions mondiales, pour être restée à l’abri des répercussions de la crise financière internationale, tant au niveau de l’économie réelle qu’au niveau du secteur bancaire. »
Selon le rapport, le secteur bancaire libanais a fait preuve de résilience face à cette crise, le total des actifs des banques opérant au Liban ayant progressé de 15,6 milliards de dollars au cours des neuf premiers mois de 2009, une croissance supérieure de 65 % à celle de la même période de 2008. Les dépôts de la clientèle, principal moteur de croissance de l’activité bancaire au Liban, ont progressé de 13,4 milliards de dollars, soit une croissance supérieure de 71 % à celle de la même période de 2008, alors que les dépôts bancaires dans l’ensemble de la région ont enregistré une progression modérée de 77,4 milliards de dollars, soit une croissance inférieure de 48 % à celle de la période correspondante de 2008.
L’exposition limitée des banques libanaises aux produits dérivés et structurés leur a évité l’accumulation de portefeuilles d’actifs toxiques dans leur bilan. Et ce grâce à la pratique conservatrice des banques libanaises, à la stricte surveillance de la Banque centrale tant au niveau des crédits bancaires destinés à l’acquisition d’actions qu’aux projets immobiliers.
Les banques libanaises ont ainsi maintenu un niveau adéquat de fonds propres, soit un ratio d’endettement acceptable en une période où la crise a montré le danger de l’endettement massif des banques. Ce niveau a atteint 22,4 % contre 16,1 % dans la région, 16 % dans les marchés émergents et 15,5 % au niveau mondial. Les banques libanaises ont de surcroît une position extérieure positive, c’est-à-dire que le secteur financier libanais est créancier net vis-à-vis du reste du monde.
Et le rapport de la Bank Audi de conclure que « la résilience des marchés de capitaux libanais aux crises n’est toutefois pas synonyme d’immunité financière permanente pour un pays souffrant toujours de plusieurs déséquilibres structurels. Pour que cette résilience perdure dans le long terme, il est nécessaire d’entamer des réformes structurelles drastiques afin d’assurer l’atterrissage en douceur de finances publiques qui constituent la principale source de vulnérabilité. C’est seulement à ce moment que l’on pourra affirmer que le Liban et son secteur financier peuvent constituer un modèle unique d’immunité servant d’exemple viable à bon nombre de pays de la région et du monde entier ».
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