En dépit d’un fort ralentissement de la croissance, l’exercice fiscal juillet 2008-juin 2009 s’est achevé sur une note moins pessimiste que prévu grâce au dynamisme du marché intérieur égyptien et aux premiers effets du plan de relance.
C’est la consommation (83,7 % du PIB) qui aura pour l’essentiel tiré la croissance, avec un taux de 5 % en 2008-2009, alors que les investissements ont chuté de 9,1 % et que le déficit commercial s’est accru. Le plan de relance engagé par les autorités égyptiennes à partir de novembre 2008, d’un montant qui atteindra un total de 5,8 milliards de dollars (soit 3,2 % du PIB), est axé principalement sur l’accélération de projets d’infrastructures (eau, environnement, routes et réseau ferroviaire) ainsi que sur des mesures de soutien aux exportations et d’accompagnement social. La reprise de la consommation s’appuie aussi sur la baisse des taux d’intérêt, amorcée depuis le début 2009 par la Banque centrale depuis que l’indice des prix à la consommation a été ramené à 9 % en juillet.
Par ailleurs, les comptes externes ont été fragilisés par la baisse des recettes en devises et des flux de capitaux étrangers. La balance des paiements a enregistré un déficit de 3,4 milliards de dollars en 2008-2009 contre un excédent de 5,4 milliards de dollars en 2007-2008. Le premier trimestre 2009-2010 (juillet-septembre) s’est cependant achevé sur une tendance plus favorable, la balance des paiements affichant à nouveau un excédent.
Les réserves en devises de la Banque centrale ont totalisé plus de 34 milliards de dollars fin octobre, couvrant ainsi plus de sept mois d’importations et la dette extérieure continue à se réduire. Du côté des finances publiques, quoique le déficit pourrait atteindre 8 à 9 % du PIB en 2009-2010, il reste toutefois modéré dans le contexte mondial actuel.
Globalement, l’économie égyptienne confirme sa capacité de résilience à la crise. Elle n’a été que légèrement affectée par la crise financière internationale grâce à son secteur financier et bancaire peu exposé aux produits financiers risqués et à la politique conservatrice de la Banque centrale. L’Égypte parvient donc à maintenir un niveau de croissance honorable (+5 % en 2010) qui reste cependant incapable de maintenir l’emploi et de faire reculer la part de la population encore sous le seuil de pauvreté.