Après avoir reculé de près de 1 % en 2009, l’économie mondiale devrait croître de 4,3 % en 2010, selon les prévisions de Merrill Lynch Wealth Management qui exclut un scénario de récession à double creux (double dip recession).
Pour Bill O’Neill, auteur du rapport sur les prévisions 2010 de la banque d'affaires, la croissance sera surtout tirée par une reprise des affaires. Le niveau des stocks des entreprises et leurs coûts ayant été réduits au plus bas : le potentiel de rebond est important.
Le responsable de la stratégie s'attend aussi à ce que les consommateurs prennent le relais des pouvoirs publics. « À mesure que le chômage diminue, les ménages sont en mesure de consommer et d'emprunter à nouveau », explique-t-il.
La reprise des affaires et de la consommation des ménages ne signifie pas pour autant que l’économie peut déjà se passer des soutiens étatiques. « Le timing des stratégies de sortie représente un vrai défi pour les plans de relance gouvernementaux », souligne Bill O’Neill.
L'analyste compte surtout sur les pays émergents pour alimenter la reprise. La Chine et l'Inde dans une moindre mesure devraient être à la pointe de la reprise économique mondiale en 2010, avec une croissance d'environ 10 % pour l'une et 7 % pour l'autre. Les États-Unis et la zone euro enregistrant une croissance plus modeste, de 3 % et 2 % respectivement. Pour Merrill Lynch, cette croissance ne devrait pas s'accompagner d'inflation.
Bill O'Neill s’attend à un resserrement progressif des politiques monétaires avec des relèvements de taux étalés dans l’année. Le Royaume-Uni, l'Inde, la Corée et l'Indonésie devraient ouvrir le bal. Suivis par la Chine et la zone euro.

Privilégier les actions sur les obligations

La banque d'affaires se base sur ces prévisions macroéconomiques pour 2010 pour émettre des recommandations en termes de placements. La première d'entre elles concerne les actions qui « seront plus performantes que les obligations d'État ou d'entreprise en 2010 », affirme O’Neill, qui préconise notamment de mises sur les places des pays émergents.

Hausse du dollar

Pour Merrill Lynch, l’une des évolutions principales de cette année concernera le marché des changes. Bill O’Neill table sur le fait que la Chine ne pourra pas rester insensible aux pressions de la communauté internationale (le G20 notamment) en faveur d’une réévaluation du yuan. « Les pays asiatiques pourraient autoriser une appréciation de leurs monnaies, ce qui, par contrecoup, devrait se traduire par une remontée du dollar face à l’euro », prédit-il. La banque d'affaires prévoit qu'un euro s'échangera contre 1,30 dollar avant la fin 2010.
Merrill Lynch recommande également de réserver une place particulière à l'or. L'once de métal jaune devrait s'échanger contre 1 500 dollars à moyen terme, d'après ses prévisions.
Concernant le pétrole, l'analyste estime que le prix du baril de brut tournera autour de 85 dollars en moyenne en 2010.