FOCUS : la zone euro scrute les marchés après l'accord sur la Grèce
Les marchés ont approuvé avec prudence fin mars l'accord trouvé par les dirigeants de la zone euro sur un mécanisme d'aide à la Grèce. À l'initiative de la France et de l'Allemagne, les pays de la monnaie unique se sont mis d'accord sur un dispositif de prêts bilatéraux, auquel participera le Fonds monétaire international (FMI). Les investisseurs avaient considéré que la participation du FMI à ce mécanisme reflétait le manque de capacité de la zone euro à régler seule ses problèmes, alors que dans le même temps Jean-Claude Trichet avait jugé « très mauvais » tout abandon de responsabilité de la part des gouvernements européens. La pression des marchés sur la dette grecque s'est également relâchée après cet accord, ce dont se sont félicité les autorités grecques, qui doivent refinancer quelque 16 milliards d'euros de dettes entre le 20 avril et le 23 mai. Le marché retire progressivement de ses niveaux toute possibilité de risque de défaut. La prime de risque demandée par les investisseurs pour détenir de la dette grecque à dix ans plutôt que des Bunds allemands s'est réduite, mais elle reste cependant élevée. Le “spread” grec, autour de 300 points de base, est par exemple supérieur à celui de l'Irlande, du Portugal ou de l'Espagne et Athènes continue de payer deux fois plus que Berlin pour s'endetter sur les marchés obligataires.
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