LibanPack qui a fêté son premier anniversaire le 15 avril vient d’obtenir une aide supplémentaire du gouvernement suisse pour prolonger son activité de soutien aux industriels libanais en matière d’emballage, un maillon indispensable de l’effort d’exportation.
Créé en novembre 2008 dans le cadre du projet MACLE de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), en collaboration avec l’Association des industriels libanais (AIL) et le Syndicat des propriétaires des industries du papier et de l'emballage du Liban, le centre constitué en association à but non lucratif a déjà servi 55 entreprises.
Pourquoi cette assistance axée sur l’emballage ? « La structure des coûts au Liban est élevée, pour se démarquer, les industriels doivent miser sur la qualité de leurs produits, mais aussi sur le design et l’emballage. C’est une importance stratégique pour le Liban », répond Fadi Gemayel, président de LibanPack.
« Les grandes entreprises qui exportent beaucoup ont résolu les exigences de l’emballage. Le centre s’adresse plutôt à la majorité des opérateurs libanais qui n’ont pas les moyens en interne de pouvoir bénéficier de ces services », poursuit Fadi Gemayel.
Pour adhérer à LibanPack, il suffit de déposer un dossier comportant des informations sur son profil (industriel ou individuel), ses besoins et ses attentes, moyennant une contribution de 250 000 livres par an pour un industriel, contre 30 000 livres pour un simple étudiant. Gratuits au démarrage, les services du centre sont désormais payants, pour garantir sa pérennité, mais à des tarifs « avantageux », définis au cas par cas, selon la responsable Nell Abou Ghazalé. Situé à Sin el-Fil, le centre qui est doté d’un budget de 2,2 millions de dollars emploie deux personnes à temps plein, les experts en emballage, étiquetage, etc. étant quant à eux sollicités sur une base contractuelle.
Fabrice Peletier, designer et président de l’Institut national français du design packaging (INDP), est l’un des plus réguliers. Selon lui, « un emballage vendeur doit émerger de la masse uniforme, simplifier le message de la marque, amplifier les sensations du consommateur et raconter une histoire ».
Pour pouvoir pénétrer les marchés internationaux, la fonction marketing de l’emballage ne suffit pas. Les informations contenues sur les étiquettes doivent être aux normes des marchés convoités. Pour ces questions de législation, les membres de LibanPack se réfèrent régulièrement à Fadi Fayad, expert en réglementation des marchés d’export, en particulier pour les produits agroalimentaires. « Même si tous les grands marchés essaient aujourd’hui d’harmoniser leurs lois, il reste des différences importantes sur les informations à fournir », dit-il. Son apport consiste donc à conseiller les industriels sur le contenu de leurs étiquettes. À titre d’exemple, pour les produits biologiques, l’étiquette destinée au marché européen se contente de mentionner le terme “biologique”, tandis que le marché américain exige la formulation en pourcentage “100 % Organic”. Autre exemple, aux États-Unis les informations nutritionnelles doivent être détaillées par portion (per serving) là où l’Europe préfère une présentation par quantité (pour 100mL). Le marché canadien nécessite, quant à lui, d’inclure une information écrite en anglais et en français sur le produit.
L’emballage ayant aussi un rôle technique, LibanPack devrait proposer dans les prochains mois des services de tests physiques (résistance aux chocs) et chimiques (migration et perméabilité à l’oxygène) sur les emballages. Une coopération en ce sens a été lancée récemment par l’ONUDI pour l’installation des équipements nécessaires à la Lebanese American University (LAU) et à l’Industrial Research Institute (IRI).
LibanPack compte aujourd’hui une quarantaine de membres pour la plupart des industriels de l’agroalimentaire, parmi lesquels le leader de volailles Hawa Chicken ou la marque de chocolat Dandy. Leur adhésion au centre leur donne accès à des sessions de formation, à des études de marché, des newsletters sur les dernières tendances de l’emballage, une bibliothèque d’ouvrages de référence, ou encore un annuaire des spécialistes du secteur. Fadi Gemayel définit LibanPack comme un « pôle de convergence de toute la filière de l’emballage » qui centralise les services, l’information mais également un vaste réseau. Le centre est en effet membre de la World Packaging Organisation et peut jouir des nombreux contacts des centres d’emballage du monde entier. « S’il est encore tôt pour dresser un bilan de l’impact économique de LibanPack, force est de constater que le besoin est là et que les entreprises ont tendance à revenir vers nous, à nous solliciter de nouveau ce qui est fort positif et encourageant », se félicite Nell Abou Ghazalé. Le témoignage d’Olive Trade
Youssef Farès, fondateur de la PME Olive Trade, au chiffre d’affaires de 450 000 dollars a bénéficié de l’expertise de LibanPack pour améliorer l’identité de Zejd, sa marque de produits dérivés de l’olive. « L’expert du centre a vu toute notre gamme ; il nous a aidés à diversifier notre offre, à comprendre de quelle façon le consommateur lisait une étiquette et comment choisir les bons codes de couleur. Nous avons retravaillé l’identité de la marque pour que le consommateur se retrouve dans nos produits », explique le jeune industriel. Ce travail lui a permis d’accroître la visibilité de sa gamme, en particulier sur le marché local. « Nos ventes en huile biologique ont augmenté de 20 % dans les magasins organiques libanais », se félicite Youssef Farès qui n’a pas hésité à investir 600 euros en moyenne pour chaque changement d’étiquette.