Blue Steel Factory coupe, façonne et livre les armatures métalliques aux entrepreneurs du bâtiment. Une première au Liban.

Nouvelle venue sur le marché du fer libanais, l’entreprise Blue Steel Factory (BSF) est la seule au Liban à proposer aux constructeurs un service de sous-traitance pour le coupage (cutting) et le façonnage (bending) de barres de fer et d’étriers. Le marché de ce que les anglophones appellent le "cut and bend" est déjà très vaste en Europe, aux États-Unis certes, mais aussi dans les pays arabes où les chantiers délèguent systématiquement le modelage de leurs armatures à des prestataires de services. En la matière, les constructeurs libanais font encore figure d’exception. « Ils ont majoritairement recours à des ouvriers syriens, qui étaient payés 10 dollars par jour dans les années 1990 pour monter à la main les armatures métalliques destinées à contenir le béton. Aujourd’hui, leurs salaires ont augmenté de 15 à 20 dollars. Pourtant cette habitude persiste », explique Jihad Chabtini, le directeur de la société au capital familial qui emploie une trentaine de personnes dans le Koura (au nord de Beyrouth).
Blue Steel Factory est une société sœur de la Société libanaise des industries réunies (SLIR) fondée par Marcel Chabtini et présente depuis 40 ans dans le commerce du fer. « La concurrence est de plus en plus grande dans le commerce du fer au Liban, nous avons donc décidé en 2007 de nous démarquer en apportant une valeur ajoutée à nos clients », explique Jihad Chabtini. Il ne chiffre pas le montant exact de l’investissement dont l’amortissement est prévu dans un délai de sept ans, mais précise qu’il se compte en centaines de milliers de dollars pour l’usine libanaise et celle du Qatar lancée en parallèle.
Au Liban, les importations de fer pour le secteur du bâtiment sont de 650 000 tonnes. « La part de marché de la SLIR est actuellement de 15-20 000 tonnes par an. Avec BSF, nous espérons l’augmenter de 8 à 10 % », poursuit Chabtini.
Au Qatar, qui compte déjà 70 employés, le marché est d’un million de tonnes. Depuis le lancement de la production en juillet 2009, Blue Steel Factory en revendique une part de 7 % qu’elle doit défendre âprement face à huit concurrents offrant des services de “cut and bend”.
Avec ses trois machines robotisées, BSF modèle un étrier de n’importe quelle forme à la seconde, ce qui représente une réelle économie de temps pour les constructeurs. Et d'argent, puisque le coût des futurs déchets de fer revient dans ce cas à BSF et non plus à la compagnie de construction. « En faisant appel à notre entreprise, nos clients peuvent espérer économiser de 5 à 8 % sur l’achat de fer brut. Sur un chantier de 2 500 tonnes, qui correspond à un immeuble d'une quinzaine d'étages, la marge est intéressante quand on sait que le prix du fer varie entre 400 000 et 500 000 dollars les 500 tonnes. Sur un chantier de 10 000 tonnes, elle le sera davantage encore », explique Jihad Chabtini. L’entreprise dispose d’une capacité de production de 70 tonnes de fer par jour. Une fois étiquetées, les armatures sont livrées en temps et en heure au client. Conscient des contraintes de rapidité qui gouvernent les chantiers, BSF affirme s’engager sur une ponctualité « irréprochable ». En cas de changement de dernière minute, la société propose également un service de correction. Certifiée ISO 9001, BSF détient son propre service d’ingénierie civile. Les packagings varient selon la demande (barres de fer standard ou façonnées, étriers en tout genre) ; les coûts aussi.
« Notre prestation permet aussi d’éviter les vols, très courants sur les chantiers où les barres de fer ont tendance à s’entasser en attendant d’être montées », poursuit Chabtini. Depuis la mise en service de l’usine fin 2008, BSF a participé à 17 projets dont certains sont encore en cours, notamment à Beyrouth où elle alimente un chantier au centre-ville. La plupart de ses clients sont des compagnies de construction ou des ingénieurs indépendants. Forte de son succès, elle projette d’agrandir ses capacités. « Après le Qatar et le Liban, Blue Steel Factory est vouée à s’étendre à d’autres pays. Au Liban, nous en sommes encore à une phase d’éducation du marché. »