Solidere a annoncé des bénéfices quasi stables pour 2009, à 182,2 millions de dollars. Le titre de la plus grande capitalisation boursière de Beyrouth est recommandé à l’achat par la BlomInvest.
Solidere a annoncé des bénéfices nets de 182,2 millions de dollars pour 2009, contre 183,6 millions de dollars en 2008.
La Société de reconstruction et de développement du centre-ville de Beyrouth a réalisé des revenus bruts avant impôts de 214,9 millions de dollars.
Après consolidation des comptes de Solidere International, les bénéfices nets du groupe s’établissent à 189,2 millions de dollars, contre 182,7 millions en 2008, soit une hausse de 3,6 %. La filiale à 37 % de Solidere a réalisé des bénéfices de 10,4 millions de dollars en 2009*, contre 21 millions en 2008. Sa contribution aux résultats consolidés est de 7,9 millions de dollars en 2009 contre -1,8 million en 2008.
Solidere juge positifs ces résultats par rapport à ceux des sociétés immobilières de la région, touchées de plein fouet par la crise. La compagnie libanaise explique sa performance par son niveau élevé de liquidités (171 millions de dollars), son endettement quasiment nul et son important stock de terrains et d’espaces bâtis.
Les ventes de terrains comptabilisées en 2009 représentent 305 millions de dollars, contre 256 millions en 2008, sachant qu’il reste quelque 428 millions de dollars de contrats signés, mais dont la réalisation comptable se fera dans les prochaines années.
Au total, de nouveaux contrats ont été signés pour 126 millions de dollars en 2009.
Recommandation positive
de la BlomInvest
Dans un document paru avant la publication des résultats pour 2009 de Solidere, la BlomInvest Bank recommandait le titre à l’achat, avec un objectif de cours à 31 dollars, ce qui représentait un potentiel de hausse de 36 % par rapport au prix d’action le 17 mai (22,86 dollars). « Nous maintenons cet avis après la publication des résultats qui sont en ligne avec nos prévisions », affirme la banque.
La BlomInvest Bank justifie cette valorisation essentiellement par l’importance de ses actifs : 1,9 million de mètres carrés sont encore à vendre ou développer, sur un total initial de 4 millions de mètres carrés au centre-ville de Beyrouth.
Les marges de bénéfices sur la cession ou l’exploitation de ces actifs sont très importantes, supérieures en tout cas à celles des pairs régionaux de Solidere, note le rapport.
Car les coûts d’acquisition de la société ne peuvent augmenter (ils sont à 505 dollars le m2 depuis sa création en 1994) alors qu’en parallèle, les prix de l’immobilier n’ont cessé de croître : la marge brute était de 55 % en 2005 et de 75 % en 2009.
Solidere n’a pas connu d’année déficitaire sur les neuf dernières années, et le revenu par action a augmenté de près de 70 %, de 0,69 dollar en 2005 à 1,18 dollar en 2008, soit un taux de croissance annuel cumulé de 19,76 %, note la BlomInvest. Une hausse qui est aussi attribuable à la stratégie de rachat de ses propres actions que mène Solidere, la société détenant 8 % de son capital, selon la BlomInvest.
La rentabilité du capital est ainsi élevée : 12 % en 2007 et 10 % en 2008, selon le rapport. Elle est de 10,4 % pour 2009.
Le rapport souligne deux autres facteurs : une liquidité significative et un faible ratio d’endettement. Celui-ci était de 0,33 en 2008 et il est quasi nul en 2009, tandis que le ratio des charges opérationnelles rapportées aux charges financières n’est jamais tombé au-dessous de huit.
Enfin, Solidere a réussi à diversifier ses sources de revenus et à générer des rentrées “régulières” grâce aux loyers. L’objectif est d’atteindre les 100 millions de dollars à l’horizon 2015, contre 27 millions en 2009, notamment grâce aux Souks de Beyrouth. Des efforts sont également déployés en matière de restauration (restaurants, cafés et hôtels) ou encore de services d’expertise immobilière.
Le PER cours/revenu de Solidere est relative
ment plus élevé que ses pairs régionaux, à 19,42 au cours du 31 décembre 2009 et 18,7 au cours du 2 juin 2010, contre 15,53 en moyenne. Mais la BlomInvest estime que la situation de monopole dont la société bénéficie, ses marges élevées ainsi que son faible endettement justifient que les investisseurs surpaient le titre. Le rapport souligne aussi la politique avantageuse de distribution de dividendes, qui a représenté dernièrement un revenu d’environ 4-5 %.
La BlomInvest signale cependant que l’achat du titre Solidere reste soumis à des risques, dont le plus important est l’instabilité politique et sécuritaire du pays. La banque est aussi préoccupée par la flambée des prix de l’immobilier au cours des trois dernières années, même si elle l’explique par le fait que le marché tend vers sa juste valeur après avoir été sous-évalué.
Autre source d’inquiétude potentielle : la situation du marché immobilier dans la région, car sa filiale Solidere International a connu des difficultés sur l’un de ses projets phares à Ajman (Émirats arabes unis). Enfin, les démêlés judiciaires de Solidere avec certaines parties tierces, notamment les joailliers pour les Souks, pourraient avoir un impact à court terme sur les profits de la société.
(*) Le chiffre publié dans l’article sur Solidere International paru en juin 2010 correspond en fait à l’année 2008 et non pas l’année 2009 comme mentionné par erreur.
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| Des ventes pour 88 millions de dollars au Caire Sodic, le partenaire de Solidere International en Égypte (voir Le Commerce du Levant de juin 2010), a annoncé avoir réalisé des ventes de 88 millions de dollars pour les projets Eastown et Westown qui s’étendent sur deux millions de mètres carrés en banlieue du Caire. Les ventes à Westown ont totalisé 67 millions de dollars dans le projet Polygon et 11 millions de dollars sous forme de ventes de terrains à des promoteurs. À Eastown, Sodic a vendu à des promoteurs des terrains pour 10 millions de dollars. |


