En cette période où le crédit se fait rare sur les marchés internationaux en raison des restrictions consécutives à la crise des “subprime”, la région du Golfe apparaît comme une pourvoyeuse exceptionnelle de liquidités que les banques et les entreprises occidentales cherchent à capter. Nombreuses sont les banques internationales qui s’intéressent ainsi à la finance islamique de manière purement opportuniste, car elles y voient un instrument privilégié pour capter ces liquidités, sans renoncer bien entendu à la voie de la finance conventionnelle.
Elles sont toutefois confrontées depuis l’été 2007 à un renforcement de la tendance des investisseurs du Golfe à placer leurs liquidités sur leurs propres marchés, au détriment des places financières internationales. Cette tendance a été déclenchée par les attentats de septembre 2001, elle s’est renforcée avec la crise globale des marchés du crédit due à la crise des “subprime”, les marchés du Golfe en étant relativement moins affectés.
À cela vient s’ajouter le “boom” économique dans les pays du Golfe qui a créé des opportunités de financement dont le rendement est très attractif du point de vue des acteurs locaux. Cette réalité semble s’accentuer surtout sur le moyen terme, par l’effet de contagion positive qui met presque tous les pays du Golfe sur la bonne voie du développement économique. La finance islamique est considérée comme un instrument idéal pour le financement de la croissance en consolidant les spectres dans l’économie “pétrodollars”. Le phénomène s’est accentué encore par la faiblesse du dollar qui érode les marges d’investissements dans cette devise. A contrario, l’usage des devises locales est de plus en plus recherché, d’autant qu’elles sont depuis peu acceptées dans les systèmes de compensation internationale comme Euroclear et Clearstream.
Tous ces facteurs contribuent au développement de marchés de capitaux locaux qui deviennent moins dépendants des marchés occidentaux.
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