Après un premier séminaire organisé en mai 2007 sous l’égide de l’Union européenne, tous les partis libanais se sont réunis à nouveau fin avril pour tenter de définir un consensus sur ce que devrait être la politique sociale du pays. Ces discussions interlibanaises qui ont été conduites au plus fort de la crise politique, et en plein débat sur l’inflation et le pouvoir d’achat, pourraient préfigurer les bases du programme de travail du gouvernement issu de l’accord de Doha. Pour la première fois en tout cas, toutes les parties (aidées par des experts indépendants grâce à la médiation européenne) se sont mises d’accord sur les « grands principes et les politiques qui aideront le Liban à réduire les déséquilibres sociaux existants et renforcer la cohésion nationale », annonce le communiqué publié à l’issue du séminaire.
L’un des points de consensus les plus importants est que l’approche des questions sociales doit être « intégrée » et non plus suivre une logique « compensatoire ». En d’autres termes, il s’agit d’intégrer des considérations sociales à toutes les politiques économiques et fiscales du gouvernement dès leur conception, plutôt que d’effectuer des choix et, a posteriori, après en avoir mesuré l’impact en termes de redistribution des revenus, décider de compenser les pertes de telle ou telle catégorie sociale.
Sur la question de l’emploi, au-delà de la nécessaire relance de la croissance à travers l’amélioration de l’environnement macroéconomique, les participants insistent en particulier sur la nécessité de faciliter l’intégration des entreprises au secteur formel, en allégeant les contraintes qui pèsent sur les revenus du travail.
En ce qui concerne l’éducation, le document fait part d’un consensus en faveur de l’enseignement obligatoire jusqu’à l’âge de 15 ans, sans trancher sur la question de savoir s’il doit être gratuit aussi bien dans le privé que dans le public, à travers la contractualisation. Les participants ont engagé un débat sur les implications en termes de financement et de contrôle de l’efficacité de la dépense publique qu’implique une telle option politique.
Enfin, « même si toutes les réformes envisagées sont mises en œuvre, les participants ont souligné la nécessité de revisiter le cadre des filets sociaux destinés à subvenir aux besoins des populations n’ayant pas le minimum vital ».
C’est dans ce cadre que les principaux points d’accord sont apparus : établissement d’un système d’assurance santé de base universel géré par une Caisse nationale de Sécurité sociale financée par le budget de l’État plutôt que par les charges sociales obligatoires dont la libération devrait permettre des augmentations de salaires ; et adoption d’un système de pensions de retraites de base unifié remplaçant le système actuel des indemnités de fin de service et géré dans un cadre complètement distinct de celui de l’assurance maladie. L’un et l’autre système laissent la porte ouverte à des services complémentaires privés ou mutualistes ou dérivant d’avantages acquis pour certaines catégories de fonctionnaires.
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