Pendant la crise déclenchée le mois dernier par le coup de force du Hezbollah à Beyrouth, les hommes d’affaires qui sont dans l’obligation de se déplacer ont fait appel à des compagnies de jets privés. Certes, l’aéroport international était fermé aux vols commerciaux, mais il restait ouvert pour les vols privés. Pour un jet privé de huit passagers, il fallait tout de même prévoir 7 000 dollars pour aller jusqu’à Chypre, 4 000 dollars par heure pour aller jusqu’à Paris ou toute autre destination. Le gérant d’une compagnie explique que les coûts ont augmenté, car les avions étaient obligés de rester basés à Larnaca (Chypre), et non plus à Beyrouth, ce qui nécessitait de loger le personnel dans des hôtels et de recourir à des tiers pour la maintenance et les services. « Autant de coûts que nous avons répercuté sur les prix. » Ils auraient augmenté de quelque 1 000 dollars. Reste la difficulté pour atteindre l’aéroport : lorsque la route était fermée, les clients devaient marcher pendant près de 500 mètres. « Nous proposions aussi un service, gratuit, de navette en mobylette. Nos employés allaient chercher les clients quand le taxi les déposait au barrage et les amenaient directement au terminal de l’aéroport. » D’autres compagnies se sont également installées sur ce créneau des jets privés, même si la tâche n’a pas toujours été simple. Flying Carpet, qui souhaitait effectuer plus d’un vol par jour au départ de la Jordanie, dans un premier temps, et ensuite de Chypre, n’a pu le faire faute d’autorisation de la part de l’Aviation civile libanaise. Au total, une vingtaine de personnes par jour ont pu quitter Beyrouth pour Chypre dans ces petits avions luxueux. Pour les moins aisés qui souhaitent également rejoindre Chypre, le bateau était le moyen le plus simple. À l’instar de Sailing Palace, plusieurs compagnies touristiques proposaient de rejoindre l’île en voiliers ou bateaux à moteur. Au départ de Dbayé et pour 10 000 dollars et un voyage de deux jours, 12 personnes pouvaient prendre le large. Pour 6 500 dollars par jour, pendant au minimum trois jours, ce sont quelque 40 personnes. Les responsables expliquent que la tarification n’a pas changé, mais les touristes ont cédé la place à des employés d’ambassade, des familles, ou encore des hommes d’affaires. Des navettes devaient également être mises en place par le ministère du Tourisme au départ de Tripoli et de Jounié. Mais la crise politique s’est résorbée avant l’arrivée des bateaux. Les passagers ont alors tous été remboursés des quelque 500 dollars qu’ils avaient déboursés, espérant rejoindre l’île. Moins chers que le bateau, les taxis rejoignaient, au début, la frontière syrienne en près de six heures, soit trois fois plus qu’à l’accoutumée. Les trajets avaient été modifiés en raison de la fermeture de la route de Masnaa. Ils étaient alors dans l’obligation de passer par Daboussié ou encore Homs. Geryès Taxi, quant à lui, avait préféré changer tous les jours de trajet, en fonction de la situation politique. Une situation qui a alors entraîné une inflation importante des prix. Il fallait compter entre 400 et 500 dollars par voiture, contre 70 à 100 dollars en temps normal. Et des dizaines de familles étrangères et libanaises ont ainsi quitté le Liban. « Chaque jour, une vingtaine de taxis, sur la flotte de 70 que nous possédons, partaient de Beyrouth et rejoignaient Damas », explique Dona, de la compagnie Allô Taxi, tout en précisant toutefois qu’à la frontière, de nombreuses familles libanaises rentraient au pays. Mais une fois, la route de Masnaa réhabilitée, les tarifs ont baissé pour atteindre, dans un premier temps, quelque 150 dollars, légèrement au-dessus du tarif en vigueur, avant de revenir à la normale fin mai.