Quelques heures après l’accord de fusion conclu le 5 octobre entre MCI Worldcom et Sprint, «France Télécom n’a pas l’intention de rester actionnaire de la nouvelle entité», indique l’opérateur français, qui détient 10% de Sprint.
Le même désengagement est prévu par Deutsche Telekom, l’autre actionnaire européen de Sprint (10% également).
Après une dernière surenchère, c’est donc MCI Worldcom qui a devancé BellSouth pour s’offrir le 3e opérateur téléphonique américain. L’Offre publique d’achat en tant que telle représente (en comprenant la filiale mobile Sprint PCS) un total de 115 milliards de dollars, la facture s’allonge à 129 milliards en tenant compte des dettes de Sprint. Il s’agit du record mondial toutes industries confondues (le mariage des pétroliers Exxon et Mobil est estimé à 80 milliards de dollars).
Mais cette mégafusion est déjà sous la loupe des autorités antitrust américaines, alors que le chef de la FCC (l’organe de régulation des télécoms) a déjà émis des doutes sur les avantages que pourront en tirer les consommateurs. La nouvelle entité (qui s’appellera Worldcom) pourrait être amenée à se séparer d’une partie de ses activités Internet. La Commission de Bruxelles devra aussi émettre ses conditions.
Du côté de France Télécom, son “désinvestissement”, selon les termes du communiqué, devrait rapporter l’équivalent de 56 milliards de francs, sur la base du cours de la bourse à la veille de la fusion. Une belle plus-value compte tenu des investissements dans Sprint de l’opérateur français, que ce dernier estime à seulement 10 milliards. Cette manne va permettre à France Télécom de concrétiser ses ambitions de «créer un opérateur paneuropéen dans le domaine du fixe, mobile et Internet».
Global One, le joint-venture entre Sprint, Deutsche Telekom et France Télécom, qui offre des services voix/Internet aux multinationales, «devrait voir son actionnariat modifié, poursuit l’opérateur français, les activités de MCI Worldcom étant en concurrence avec celles de Global One. Les discussions sur l’avenir de Global One, suspendues en raison des négociations concernant l’actionnariat de Sprint, peuvent désormais être menées à leur terme».