Ils ont été qualifiés de succès, mais ils ont entraîné un déficit budgétaire de près de 4 millions d'euros : un an après les Jeux de la francophonie au Liban en septembre 2009, elles sont environ 400 entreprises et institutions à espérer toujours le paiement de leurs prestations. Pourtant, le rideau est tombé sur la 6e édition de cet événement culturel et sportif international et les fournisseurs de biens et services sollicités alors, ont bien accompli la mission qui leur avait été assignée.
D’où vient ce déficit ? Le coordinateur national des Jeux, Michel De Chadarevian, explique: "sur un budget initial - défini en 2003 - qui s'élève à 10,3 millions d’euros, l'Organisation internationale de la francophonie et les pays organisateurs n'ont, jusqu'à aujourd'hui, versé qu'une part de leur contribution financière annoncée auparavant, soit 3,47 millions d’euros sur les 5,15 millions promis.
Le Liban, qui a déjà payé sa part de 5,15 millions d’euros – soit la moitié restante du budget incombant au pays organisateur -, attend des pays contributeurs qu'ils paient ce qui reste du montant prévu, soit 1,68 millions d’euros. Les motivations du retard ne sont pas claires.
En outre, le comité organisateur a opéré des dépenses hors budget qui ont atteint la somme de 1,8 millions d’euros environ, dédiées notamment à « l'aménagement du Grand stade de la cité sportive de Beyrouth et la prise en charge des invités VIP » qui n’était pas initialement prévue par le cahier des charges. Enfin, un facteur externe : « c'est en 2006, trois ans après la définition du budget, que les travaux ont démarré. Il faut donc compter une inflation de 6 % pour la période 2006-2009 sur leur coût effectif », ajoute De Chadarevian.
Résultat : un déficit budgétaire qui avoisine les 4 millions d'euros et la grogne des restaurateurs, entreprises du secteur des transports, de l'audiovisuel, ou encore de l'hôtellerie. Au total, "près de 400 prestataires sélectionnés pour l'organisation de ces Jeux", ont le regard tourné vers le bureau du comité organisateur, toujours locataire du Palais de l'Unesco à Beyrouth.
D’après le cahier des charges, c'est au gouvernement libanais que revient la responsabilité de combler ce déficit. « Aucune clause ne stipule l'obligation de paiement pour les pays organisateurs. Cela reste donc une question éthique », affirme timidement Michel De Chadarevian. Depuis quelques semaines, des voix s'élèvent pour trouver une issue rapide à cette affaire. Après avoir été reportée à plusieurs reprises, une réunion entre le Comité organisateur, le ministre de la Jeunesse et des Sports Ali Abdallah et le Premier ministre Saad Hariri, a finalement eu lieu samedi 21 août : le dossier devrait être soumis au Conseil des ministres. De son côté, par la voix de son directeur général Zeid Khyami, le ministère des Sports et de la Jeunesse espère un remboursement des frais facturés par la totalité des fournisseurs d'ici à la fin de l’année au plus tard.


