La situation monétaire et financière du Liban a une nouvelle fois été préservée en 2007 malgré les turbulences politiques, les attentats ou la bataille de Nahr el-Bared. Le taux de change de la livre libanaise n’a pas subi de pression et les réserves en devises de la Banque centrale qui servent aux marchés de curseur de la confiance ont terminé l’année juste en-dessous du seuil psychologique des 10 milliards de dollars : elles étaient de 9,4 milliards fin décembre, en baisse de 0,4 milliard sur un an. Les réserves en devises représentent 75,4 % de la masse monétaire en livres et cette part est de 121,9 % si on inclut les réserves en or estimées à 7,6 milliards de dollars en fin de période grâce à la flambée des cours du métal jaune, souligne la Bank Audi.
Cette résilience à toute épreuve s’explique par la forte augmentation des entrées de capitaux au Liban en 2007 (+11,3 %) qui a contribué à la croissance de la masse monétaire M3 (monnaie en circulation à laquelle s’ajoutent les dépôts en livres et en devises). Selon la Banque du Liban, cette dernière s’est inscrite en hausse de 12 %, en rythme annuel, à 59,8 milliards de dollars, contre une hausse de 7,9 % en 2006. Sur le premier semestre de l’année, elle augmentait de 7,6 %, en rythme annuel, avant de bondir de 12,5 % au second semestre. La hausse en seconde moitié d’année est renforcée par le fait que, durant l’été 2006, la masse monétaire a diminué de 3 %, alors que sur la période 2007 correspondante, elle prend 2,2 %.
L’augmentation des dépôts du secteur bancaire est le principal moteur de ce phénomène, sachant qu’en revanche le déblocage des aides promises lors de la conférence de Paris III en janvier 2007 a été relativement lent.
Paris III a malgré cela joué à plein sur la confiance, le soutien international faisant l’effet d’une garantie pour le secteur bancaire dont les dépôts ont augmenté de 6,6 milliards de dollars en 2007. Il s’agit d’une hausse annuelle record.
Alors qu’elles sont restées à l’abri de la crise internationale des “subprime”, les banques ont notamment bénéficié d’une attractivité accrue en raison de la baisse des taux internationaux, les taux libanais étant restés à peu près constants. Sur l’année, les taux moyens sur les dépôts en dollars ont baissé de 7 points, de 4,76 % à 4,69 %, alors que le Libor (taux de référence international) en a gagné 20 à 55 %.
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