En dépit d’un environnement local caractérisé par une croissance modeste et une aggravation de la crise politique, le secteur bancaire libanais a enregistré une croissance substantielle en 2007. L’année a même été l’une des meilleures depuis la fin de la guerre de 1975-1990, en termes de croissance des dépôts et des crédits. Les premiers ont en effet augmenté de 6,6 milliards de dollars sur un an, soit une hausse de près de 10,2 % à 68 milliards de dollars. Une tendance qui se poursuit au premier trimestre 2008, puisque, selon le gouverneur de la Banque centrale, les dépôts ont augmenté de 1,5 milliard sur les trois premiers mois de l’année, soit à un rythme annuel de croissance de 15 %.
Les actifs consolidés du secteur ont totalisé 82,3 milliards de dollars, en progression de 8 % par rapport à 2006, qui avait elle-même connu une croissance de 8,4 %.
Les dépôts des résidents ont progressé de 6,37 milliards de dollars et ceux des non-résidents de 216 millions de dollars, mais cette classification officielle qui valorise la part des non-résidents à 14,2 % du total contre 15,4 % en 2006 ne tient pas compte de la réalité, étant donné qu’une grande partie d’entre eux sont enregistrés en tant que résidents. Or, il est clair que les flux de capitaux sont le fruit de beaucoup de Libanais de la diaspora.
La hausse des actifs s’explique également par l’augmentation des fonds propres, qui a été cependant moins forte que celle enregistrée en 2006. Ce poste avait alors augmenté de 36 %, contre seulement 8 %, en rythme annuel, en 2007, à 6,26 milliards de dollars. Le ratio de capitalisation (fonds propres/actif total) reste ainsi stable à 7,6 %.
Si les pétrodollars en circulation dans la région contribuent à gonfler les ressources des banques, l’impact du boum régional se fait aussi sentir au niveau de leurs emplois. Alors que l’activité économique a été relativement morose sur le marché libanais, le volume des créances supplémentaires octroyées en 2007 par le secteur a atteint un niveau record : +10 % de hausse l’année dernière, à 42 milliards de dollars, soit 4 milliards de dollars de crédits supplémentaires. Les crédits au secteur privé sont en augmentation de 18,6 %, tandis que les créances au secteur public ont crû de 3,8 %.
Dans le détail, l’exposition nette sur les eurobonds de l’État libanais en devises a légèrement diminué en 2007, à 10,4 milliards de dollars, contre 10,7 milliards en 2006, ce qui représente 20 % des dépôts en devises, contre 23,1 % en 2006. L’année dernière a en effet été marquée par une accentuation de la dollarisation des dépôts à 77,3 %, même si elle reste en deçà de son niveau au lendemain de l’assassinat de Rafic Hariri en février 2005, à 80 %.
Le portefeuille de bons du Trésor en livres libanaises a, quant à lui, augmenté à 1,66 milliards et le portefeuille de certificats de dépôts émis par la Banque centrale a connu une évolution similaire à 19,63 milliards de dollars.
Les banques libanaises ont ainsi réussi, grâce à leur régionalisation, à contourner le danger de l’enlisement de l’économie nationale dont elles sont tributaires.
Le secteur a malgré tout été marqué par l’annonce du désengagement partiel de l’un des investisseurs internationaux les plus anciens, la BNP Paribas, sa filiale, la BNPI Liban devant être cédée à une filiale libanaise de la Bank of Sharjah dont elle est par ailleurs actionnaire. Le secteur poursuit sa croissance
2005 2006 2007 Var.
06-07 (%)
Nombre de banques 64 63 66 +4,8
Nombres d’agences 837 844 855 +1,3
Total actifs
(milliards dollars) 70,3 76,2 82,3 +8
Total dépôts
(milliards dollars) 58,1 61,7 68 +10,2
Dont secteur
privé résident
(milliards dollars) 47,5 51,3 57,7 +12,5
Total crédits
(milliards dollars) 33,9 37,9 41,9 +10,6
Dont crédits privés
(milliards dollars) 16,2 17,2 20,4 +18,6
Dont crédits publics
(milliards dollars) 17,7 20,7 21,5 +3,9
Fonds propres
(milliards dollars) 4,3 5,8 6,26 +7,9
Avoirs extérieurs nets
(milliards dollars) 1,7 4,2 7 +66,7
Dépôts auprès de la BDL
(milliards dollars) 20,3 19,3 19,63 +1,7
Bénéfices (millions dol.) 518 658 ND
Sources : BDL, Association des banques.
L’expansion continue
Nb. de banques Nb. de pays
d’implantation
1993 18 16
1994 16 18
1995 16 16
1996 17 18
1997 16 15
1998 16 14
1999 16 15
2000 16 13
2001 16 13
2002 18 16
2003 18 14
2004 18 15
2005 17 14
2006 17 17
2007 17 20
économiechiffres-clés
Kafalat en chiffres
2006 2007 Var.
06-07 (%)
Nombre de prêts 541 783 +44,7
Montant global
(millions dol.) 50,5 92,8 +83,8
Montant moyen d’un
prêt garanti (en dollars) 98 574 118 796 +20,5
 Source : Kafalat.