La Bourse de Beyrouth a relativement été épargnée par les remous politiques en 2007. L’indice des prix de la Bank Audi a augmenté de 21 %, en rythme annuel, à 149,1 points, sur un marché beaucoup moins actif que l’année précédente. La valeur des transactions a, en effet, totalisé 994 millions de dollars, soit une baisse de plus de 50 % par rapport à 2006. Mais, comparée à 2005, elle reste en hausse de près de 7 %. Pourtant, sur les trois premiers trimestres de l’année, cet indice franchissait péniblement la barre des 130 points, soit une hausse d’à peine 6 % depuis la fin de l’année 2006. Les cours ont ensuite connu une embellie de 14,5 % à partir de septembre. Cette date correspond, d’une part, au moment du déclenchement d’anticipations positives concernant la tenue de l’élection présidentielle (démenties par la suite) et, d’autre part, à des rumeurs de rachat de la Banque BLOM par un groupe étranger (également démenties). La Bourse de Beyrouth a également été dopée par les bons résultats affichés par les banques qui représentent, hors Solidere, l’essentiel de sa capitalisation.
Ainsi, sur le seul mois de septembre, la valeur des échanges boursiers a atteint 212 millions de dollars, contre 22 millions en août, soit une augmentation de 87 % en rythme annuel, contre une hausse du volume de 42,9 % (de 4 à 13 millions de titres échangés, dont 11,2 millions d’actions Solidere). La Société libanaise pour le développement et la reconstruction (Solidere) a profité de spéculations autour d’un éventuel départ de l’opposition du centre-ville (démenti depuis). Le prix de l’action a alors grimpé de 15 % en un mois.
Sur l’ensemble de l’année 2007, le cours de Solidere a augmenté de 43,7 % à 23,03 dollars.
Le marché eurobonds, de son côté, a été plutôt calme sur l’année 2007, affecté négativement par l’environnement politique local. Selon la Bank Audi, peu de banques et de fonds étrangers ont investi dans les instruments de la dette libanaise qui ont été, comme à leur habitude, majoritairement souscrits par les banques libanaises. La hausse de la prime de risque sur le papier libanais a provoqué une progression de quelque 50 points de base du rendement moyen des eurobonds, à 8,2 % en 2007, contre 7,7 % en 2006.
Cependant, depuis la mi-mars 2008, les investisseurs étrangers se tournent de nouveau vers les eurobonds libanais, affirme la Bank Audi. Les instruments de la dette libanaise apparaissent à nouveau comme relativement lucratifs à l’heure où ces investisseurs cherchent à diversifier leur portefeuille en raison de la crise des “subprime”. Outre le rendement moyen relativement élevé, les obligations souveraines libanaises bénéficient d’un historique impeccable en terme de remboursement.2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 Var. 06-07 (%)
Capitalisation boursière
(milliards dollars) 2,18 2,28 2,51 3,44 6,64 9,18 10,9 +31,2
Nombre de sociétés
et de fonds cotés 14 13 14 16 15 16 15 -6,2
Source : Bourse de Beyrouth.
Eurobonds libanais
2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 Var. 06-07 (%)
Volume des eurobonds
du marché (milliards dol.) 8,84 10,49 9,7 11,94 14,80 14,83 16,7 +12,5
Rendement moyen (%) 9,07 7,88 5,50 5,98 6,40 7,70 8,2 +0,5
Spread moyen 502 557 340 269 216 300 461 +161
Source : Ministère des Finances.