À seulement 38 ans, Walid Sarkis codirige les opérations européennes de Bain Capital, l’un des plus importants fonds d’investissements mondiaux, qui gère un capital de quelque 50 milliards de dollars.

Walid Sarkis a accompli presque toute sa carrière à Bain Capital, qu’il a rejoint en 1997 à Boston. La société, fondée en 1984, était alors encore dirigée par son fondateur, Mitt Romney, candidat malheureux à l’investiture républicaine pour la présidence américaine, « une personnalité très charismatique », se rappelle Walid Sarkis. En 2001, il est envoyé à Londres où il lance la branche européenne de Bain Capital, qui n’opérait jusque-là qu’aux États-Unis. « À l’époque, le marché des private equities, c’est-à-dire racheter des entreprises, les développer, les repositionner avant de les revendre, était tout petit », explique-t-il. « C’est un métier complet, qui combine des aspects commerciaux avec la dynamique des marchés et un biais transactionnel et financier », ajoute-t-il. Depuis sa création en 1984, Bain Capital a réalisé 240 opérations, d’une valeur de 100 milliards de dollars.
Walid Sarkis a effectué l’essentiel de sa scolarité en France après un court passage à Notre-Dame de Jamhour à Beyrouth. Diplômé de la prestigieuse École polytechnique, il devient conseiller stratégique pour Boston Consulting Group à Paris, avant de partir aux États-Unis étudier pour un Master à l’université de Stanford, puis pour un MBA à Harvard.
Titulaire de la double nationalité, française et libanaise, Walid Sarkis estime avoir « une dette énorme envers la France et son hospitalité », mais « dans mes tripes, je suis libanais, y compris dans mes tripes culinaires ».
Marié à une Chinoise, père de deux petites filles, Walid Sarkis explique la tendance de ses compatriotes à exercer des professions libérales ou à travailler dans la finance par le fait qu’en raison des circonstances historiques du Liban « il faut surtout compter sur les études pour réussir et peut-être aussi parce qu’au Liban, il n’existe pas vraiment de gros groupes industriels ».
La guerre a sans aucun doute joué un rôle dans le caractère entreprenant des Libanais. « L’émigration pousse à travailler un peu plus dur, étudier un peu plus, prendre plus de risques, se montrer plus entreprenants », explique Walid Sarkis. Des qualités qui s’allient parfaitement à des « métiers globaux, dont la finance est l’un des fleurons ».