Lors de la conférence de Paris III, en janvier 2007, le gouvernement libanais a présenté aux bailleurs de fonds un plan de réforme du secteur de l’électricité composé de cinq initiatives principales. Une partie a été réalisée, mais il s’agit essentiellement de travaux préparatifs, aucune des grandes décisions permettant une percée décisive n’ayant été prise. À l’occasion de la signature d’un nouveau programme d’aide d’urgence postconflit avec le Fonds monétaire international, le gouvernement s’est engagé à nouveau à entamer la réforme du secteur en 2009.
De l’avis de tous, le temps presse, car le rationnement et les problèmes de distribution de courant, qui empoisonnent la vie quotidienne des Libanais, pourraient s’aggraver sérieusement dans les prochaines années, avec des scénarios incluant des pannes irréversibles de certaines des principales centrales du pays.
Le Liban n’en est plus, depuis longtemps, à chercher à identifier les problèmes complexes du secteur de l’électricité qui se situent à tous les niveaux, de la chaîne de production à la distribution, en passant par le transport du courant et la gestion du réseau.
Le diagnostic le plus connu est celui qui concerne les finances publiques. Les déficits d’Électricité du Liban, aggravés ces dernières années par la flambée des cours du brut, pèsent lourdement sur le budget : ils devraient coûter 1,67 milliard de dollars au Trésor en 2009 selon EDL, soit 22 % des dépenses publiques. Cette estimation réalisée sur la base d’un baril à 106 dollars tomberait à 750 millions de dollars pour un baril à 56 dollars.
Ces chiffres, aussi désastreux soient-ils, ne rendent pas compte de la complexité de la situation.
D’abord, l’offre d’électricité est insuffisante par rapport à la demande, l’écart étant appelé à se creuser dans les prochaines années en raison notamment de la pression démographique et du vieillissement des installations : la demande était selon EDL de 13,4 millions de MW/h en 2007, alors que l’offre n’était que de 10,5 millions de MW/h. Et la demande est appelée à augmenter d’ici à 2015, selon des projections de la Banque mondiale. L’offre est essentiellement assurée par la production des 12 centrales thermiques et hydrauliques que compte le Liban, et elle est complétée par l’achat d’électricité à la Syrie. Le déficit est comblé par les générateurs privés (communément appelés “moteurs”) qui assurent jusqu’à un tiers de la consommation des Libanais. Si rien n’est fait, cette part pourrait passer à 60 % d’ici à 2015, avertit la Banque mondiale.
Ensuite, Électricité du Liban, la compagnie publique nationale, est dans un état de délabrement avancé, sans effectifs, sans budget, avec des structures de fonctionnement obsolètes et une politique tarifaire structurellement déficitaire.
Enfin, les réseaux de transport et de distribution du courant sont déficients à défaut d’être correctement entretenus et développés, au point que plus du tiers de l’électricité produite n’est pas facturée, soit qu’elle s’évapore en “pertes techniques”, soit qu’elle soit volée. Les pertes techniques sont d’environ 15 %, alors que la référence mondiale en la matière se situe à 7-8 %. Quant aux pertes non techniques, elles sont d’environ 22 %.
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