Le créneau scolaire (manuels et ouvrages parascolaires) est “le plus sûr” en matière d’édition francophone au Liban. Car sur les quelque 870 000 Libanais scolarisés dans l’enseignement général préuniversitaire suivant le programme libanais, 62 % ont choisi le français comme langue seconde. Les mathématiques et les sciences sont notamment enseignées dans la langue de Molière.
Les quelque 1 200 établissements publics sont approvisionnés directement par le Centre de recherche et de développement pédagogiques (CRDP). Tandis que les établissements privés, qui rassemblent un peu plus de 60 % du total des enfants et adolescents scolarisés (67 % pour le primaire, estimation Banque mondiale 2006), se tournent vers les éditeurs privés. Ces derniers ciblent surtout les niveaux primaires et complémentaires, car dans le secondaire, la pratique du livre usagé est largement répandue (à 80-90 % contre 10-20 % et 60 % dans les autres cycles, selon les estimations d’un éditeur).
Ce marché est suffisamment intéressant pour susciter l’émergence récente de nouveaux acteurs, aux côtés de Samir Éditeur, qui publie depuis les années 1960 des manuels scolaires, et a étendu à partir de 1998 sa gamme de matières. « Aujourd’hui, le scolaire (dont 80 % est en français) représente 70 % de notre production, contre 50 % en 1998 », dit Dany Nasr, directeur général de Samir Éditeur. La structure édite chaque année entre 10 et 20 titres en français, avec des tirages très variables (entre 3 000 et 20 000 exemplaires). De son côté, la Librairie Antoine a créé en 1998 sa gamme d’ouvrages, de la maternelle au secondaire, en coédition avec Hachette : « Il s’agit d’un véritable transfert de compétences. Autrefois, plutôt réalisés en France, les livres sont aujourd’hui majoritairement conçus au Liban. Nous faisons appel à la France de manière ponctuelle pour des dessinateurs ou des reproductions de photos », explique le directeur commercial Émile Tyan. Le scolaire et parascolaire (entre 8 et 12 publications annuelles tirées entre 3 000 et 15 000 exemplaires) représentent 90 % de l’activité éditoriale en français de la Librairie Antoine, qui compte pour environ 10 % de son chiffre d’affaires.
Il y a deux ans, c’est enfin la Librairie Orientale qui a investi le cursus scolaire, à destination des marchés libanais et régional. Le livre scolaire est aujourd’hui l’un des produits d’appel de la maison, avec les dictionnaires bilingues.
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