El-Hadaf est une publication gratuite lancée à grands renforts de publicité le 15 décembre dernier. Trois mille panneaux publicitaires loués pendant une semaine, des unipôles et des spots publicitaires sur six stations de radio pendant un mois… La holding Marketing for Publishing and Distribution, basée au Koweït, a investi trois millions de dollars pour cette campagne publicitaire, la location des bureaux à Sin el-Fil et les trois premiers mois de fonctionnement.
Plus de cinquante personnes ont été recrutées à plein temps. « Nous avons notamment 24 commerciaux, qui font du porte-à-porte et démarchent des agences publicitaires ou des points de vente », explique Raymond Kanaan, directeur général. Près de 340 personnes ont également été embauchées à temps partiel pour assurer la distribution des 300 000 exemplaires imprimés chaque semaine. Outre les zones résidentielles, les centres commerciaux, les banques ou différentes institutions, 20 % des stocks sont distribués chaque lundi dans les rues. El-Hadaf est présent sur l’ensemble du territoire libanais, dans quelque 250 points de vente.
Après un premier mois, au cours duquel les annonces ont été publiées gratuitement, le magazine propose deux tarifs. Les petites annonces personnelles, pour la vente ou l’achat d’une habitation ou pour une offre d’emploi par exemple, sont facturées 15 000 livres (dix dollars). Les annonces de marques ou de sociétés sont, elles, négociées avec les régies publicitaires des entreprises concernées. « Les annonces personnelles devraient représenter 35 % de l’ensemble de la publication, précise Raymond Kanaan. Nous espérons être rentables dans deux ans. » Ancien directeur général d’el-Wasseet, journal de petites annonces et désormais principal concurrent d’el-Hadaf, Raymond Kanaan assure qu’il y a un marché pour deux, voire trois publications de ce type.
L’hebdomadaire existe déjà au Koweït, où il a été lancé il y a quatre ans, et est décliné en trois éditions. « La holding avait décidé de développer le magazine ici depuis longtemps, mais la situation politique n’était pas favorable, ajoute Raymond Kanaan. Le Liban est pour nous un pays “test” : si la publication marche ici, elle devrait marcher dans l’ensemble des pays arabes. » Le groupe espère lancer une édition en Égypte et au Maroc d’ici à fin 2009.
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