Le quotidien anglophone a fait son retour dans les kiosques le 2 février, après que la justice a levé l’interdiction de paraître. Le 15 janvier, le Daily Star avait été soudainement contraint de fermer ses locaux et de cesser sa parution, la police étant intervenue à la suite d’une décision judiciaire. « La banque Standard Chartered affirme que nous leur devons 1,7 million de dollars, explique Jamil Mroué, propriétaire et fondateur du Daily Star. La Cour a estimé que le principal de la dette vaut 800 000 dollars et que le montant des intérêts est discutable. » Une procédure est actuellement en cours, sous la supervision de la Cour, pour tenter de parvenir à un arrangement entre les deux parties. Le quotidien anglophone, créé en 1952 et actuellement publié à 5 000 exemplaires, est en négociation depuis des mois avec la banque Standard Chartered, avec laquelle il travaille depuis une dizaine d’années. Jamil Mroué affirme avoir fait plusieurs propositions financières, que la banque a toujours refusées. « Je suis propriétaire d’un terrain à Beyrouth, dont la banque a l’hypothèque. En juillet, puis début décembre, je lui ai proposé de prendre ces terres ainsi que 250 000 dollars en cash. » Déjà contraint de fermer à deux reprises en 1975 et 1984, le Daily Star a souffert d’un grave déficit de revenus publicitaires au cours des cinq dernières années. « En raison de la situation politique et sécuritaire, nous avons eu plus de 430 jours sans publicité, constate Jamil Mroué. Toute la presse est dans une situation difficile, mais je ne comprends pas le message que veut nous faire passer la banque. Je pense qu’elle a adopté une posture agressive qui n’était vraiment pas nécessaire. »
Le Daily Star a un budget annuel de deux millions de dollars et emploie 87 personnes, mais ne souhaite pas divulguer le montant de ses recettes.