Et si le téléférique de Jounié devenait un centre de loisirs pour enfants ? food-court, restaurants, aire de jeux et une vue à couper le souffle… c’est du moins le projet de Joe Boulos, le PDG de la Compagnie libanaise du téléférique et d’expansion touristique, officiellement lancé le 11 mars lors d’une conférence de presse sur le chantier. Créé en 1964, le téléphérique de Jounié « a accompagné l’histoire contemporaine du Liban. Et comme le Liban, il est toujours là », déclare Joe Boulos avec un sourire. Le téléférique n’a jamais arrêté de fonctionner, malgré les 15 années de guerre et l’instabilité qui a prévalu ces dernières années. Il est devenu dès sa création l’un des symboles du tourisme libanais et l’un des sites les plus visités au Liban, bénéficiant du voisinage immédiat de Notre-Dame du Liban, à Harissa, qui accueille près de 1,5 million de visiteurs par an.
2008 n’a pas été si mauvaise : près de 400 000 personnes ont emprunté le téléphérique, et, selon Joe Boulos, 2009 devrait être une année record. Il veut profiter de cette vague d’optimisme pour donner une seconde jeunesse au téléphérique.
D’ici à la fin de l’année, un food-court (une série de petits restaurants entourant un espace commun de chaises et de tables) devrait ouvrir à l’arrivée du téléphérique, à Harissa. Huit kiosques, dont un restaurant libanais, se répartiront ainsi une surface de près de 600 mètres carrés. Les noms des établissements concernés ne sont pas encore définis, mais les négociations au sujet des contrats de location sont en cours. Joe Boulos prévoit aussi d’aménager une aire de jeux pour enfants en extérieur et en intérieur, sur une surface de 600 mètres carrés également. Au total, la société dont il est l’un des actionnaires aux côtés des héritiers des fondateurs du téléférique a investi 1,5 million de dollars dans l’espoir d’attirer près d’un million de visiteurs par an. L’aller/retour coûte 7 500 livres (cinq dollars) et devrait continuer à représenter la recette principale de la société. La location de l’aire de restauration et de jeux ajoutera 10 à 15 % au chiffre d’affaires annuel, proche en 2008 de deux millions de dollars.
« Ce projet s’inscrit dans la continuité familiale » pour Joe Boulos, qui est né en 1957 et a grandi avec le téléférique fondé par son père, Fouad Boulos, appuyé par ses deux frères, Joseph et Paul. À l’époque, Fouad Boulos avait demandé une concession de 50 ans au président de la République Fouad Chéhab. Depuis, la concession a été prolongée de 11 ans et court jusqu’à 2025.
Joe Boulos en a pris les rênes en 1998. Diplômé en génie mécanique à l’Université américaine de Beyrouth et détenteur d’un mastère de l’Université de Stanford à San Francisco, son parcours professionnel s’est jusque-là surtout déroulé à l’étranger. Pendant près de cinq ans, il a travaillé pour Procter & Gamble en Suisse, au Canada, en Arabie saoudite. Ensuite, c’est la société SC Johnson qui l’embauche pour un peu moins de 10 ans, avec des postes à Chypre, au Moyen-Orient, en Afrique et au Mexique. Il ne revient au Liban qu’en 1994. Il intègre alors l’équipe de la société du téléférique, mais travaille toujours dans un autre domaine, en parallèle. Jusqu’à la formation de ACE Craft en 2006, un magasin de bricolage situé à Sin el-Fil dont il est le PDG, il occupait diverses fonctions au sein de l’entreprise familiale d’électroménager Boulos Frères & Co., fondée dans les années 1930. Le téléférique ne l’occupe toujours pas à temps plein, puisqu’il prévoit un plan d’expansion de l’enseigne ACE Craft, l’un des leaders mondiaux du bricolage, avec six ouvertures de magasins prévues au Liban en 10 ans.
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