Selon l’Administration centrale de la statistique (ACS), les prix à la consommation ont augmenté de 5,5 % entre décembre 2007 et décembre 2008. Le Consulting and Research Institute (CRI) évoque, quant à lui, une hausse de 6,4 %, un chiffre repris par le Fonds monétaire international (FMI). Mais la mesure en fin de période masque l’ampleur du phénomène, tel que ressenti par les consommateurs courant 2008. En effet, au Liban, dont l’économie est très importatrice et fortement dollarisée, les prix à la consommation suivent globalement les courbes des cours internationaux et de la parité euro-dollar, l’Europe étant le premier fournisseur du pays. Or, les prix des matières premières, notamment le pétrole, et des produits alimentaires ont flambé durant l’année, puis ont rapidement baissé au dernier trimestre. De même, l’euro a enfoncé le seuil des 1,60 dollar avant de revenir sous la barre des 1,30 dollar en fin d’année. D’où un taux d’inflation en décembre, sur un an, relativement modéré.
Lorsqu’elle est mesurée en moyenne durant toute l’année, la hausse des prix est bien plus importante. Selon cette méthode de calcul, la Bank Audi estime le taux d’inflation moyen à 11,1 % en 2008 et le FMI à 10,8 %. Ces estimations reflètent sans doute mieux la réalité. Le gouvernement a d’ailleurs adopté plusieurs mesures l’année dernière pour réduire l’inflation importée : subvention du blé, annulation des taxes sur l’essence, baisse des tarifs douaniers sur une vingtaine de produits de base, fixation des marges commerciales… Ces mesures ont été plus ou moins efficaces, étant donné la structure oligopolistique de l’économie libanaise et l’absence de moyens de contrôle étatiques. Face à la grogne sociale, le gouvernement a alors décidé, en mai, d’augmenter le salaire minimum de 66 % et de majorer l’ensemble des salaires, dans le public et dans le privé, de 200 000 livres. Cette mesure n’est toutefois entrée en vigueur qu’à la fin de l’année, au moment où les marchés internationaux digéraient le choc de la crise financière. Ce retard a permis d’éviter de combiner des tensions inflationnistes internes aux facteurs externes. Le Liban a ainsi subi une inflation inférieure à la moyenne régionale, estimée à 15,6 % en 2008. Évolution de l’inflation, selon le CRI
Année (%) par an
1999-2005 +1,6
2006 +4,5
2007 +6,0
2008 +6,4. Évolution de l’indice des prix à la consommation en 2008, selon l’ACS
Nature des dépenses Var. sur Var. fév. 09/ Pondération
un an (%) fév. 08 (%) (%)
Produits alimentaires
et boissons non alcoolisées +18,2 +9,2 19,9
Boissons alcoolisées et tabac +0,1 -0,1 2,1
Habillements et chaussures +4,9 +21,3 6,2
Loyer +4,8 +4,8 16,2
Eau, électricité et combustibles -8,6 -9,3 9,5
Meubles, électroménagers,
maintenance +7 +6,6 3,9
Soins de santé +4,4 +2,1 6,8
Transports +1,1 +1,9 12,3
Communication -0,5 -0,5 4,8
Divertissement et culture +0,8 -0,2 3,7
Éducation +4,1 +4,1 4,2
Restaurants et hôtels +25,3 +22,7 2,7
Produits et services divers +5,0 +4,7 4,2
Produits et services divers +5,5 +4,5 100
Source : Administration centrale de la statistique.