La Bourse de Beyrouth n’a pas échappé à la tempête qui a secoué les marchés internationaux en 2008, malgré les performances record enregistrés en cours d’année.
L’éclatement de la crise financière mondiale en septembre a rapidement dissipé l’euphorie qui régnait sur la place de Beyrouth au lendemain de l’accord de Doha. Le compromis politique auquel ont abouti les dirigeants libanais avait propulsé la capitalisation de la Bourse de Beyrouth à 15,8 milliards de dollars fin juin, en hausse de 61 % par rapport à la même période de 2007. L’indice calculé par la Bank Audi a même atteint un pic à 203,5 points en juillet, affichant à ce moment-là une hausse de 36,5 % depuis le début de l’année. À cette époque, la valeur phare de la Bourse de Beyrouth, Solidere, flirtait avec les 40 dollars.
Mais dès que les turbulences sont apparues sur les places mondiales, les investisseurs se sont empressés de liquider leurs positions, pour couvrir leurs marges ou pour éviter des pertes potentielles plus importantes. La capitalisation boursière est ainsi tombée à 9,6 milliards de dollars fin décembre, accusant une chute de 11,9 % en rythme annuel.
Des craintes sur les fondamentaux des entreprises cotées ont ensuite surgi avec l’aggravation de la crise financière et l’assombrissement des perspectives économiques régionales. Les banques libanaises ayant publié des résultats solides au troisième trimestre, les craintes se sont concentrées sur la Société libanaise pour le développement et la reconstruction du centre-ville, qui détient 30 % de Solidere International, une compagnie de développement immobilier active dans les pays arabes, notamment dans le Golfe. Le cours de la société est retombé sous les 20 dollars.
Globalement, l’indice de la Bourse de Beyrouth a baissé de 22,3 % en 2008, mais cette chute a été moins sévère que dans d’autres pays de la région. À l’exception du Maroc et de la Tunisie, les marchés arabes ont perdu entre 21,1 % pour le Qatar et 58,2 % pour l’Arabie saoudite.
De même, le marché secondaire des eurobonds a connu des hauts et des bas l’année dernière. À la suite de l’accord de Doha, une forte demande locale d’instruments de dette libanais avait entraîné une contraction des marges. Mais, selon la Bank Audi, l’éclatement de la crise a ensuite provoqué l’apparition d’une offre étrangère sur le marché et une hausse de la marge moyenne sur les eurobonds, qui a atteint son niveau le plus élevé depuis la conférence de Paris II en 2002, à 727 points de base fin décembre 2008. Selon la banque, cet élargissement est dû à une progression du rendement moyen des eurobonds de 8,13 % en décembre 2007 à 8,69 % fin 2008, et à une chute des rendements de référence, dans un contexte mondial de baisse des taux.
Parallèlement, la notation de la dette souveraine s’est détériorée au début de l’année, puis elle a progressé au lendemain de l’accord de Doha. Après l’amélioration de la situation politique, l’agence Standard & Poor’s a en effet rehaussé la notation à long terme de la dette libanaise de “CCC+” à “B-”, et Moody’s a récemment élevé sa notation de “B3” à “B2”. 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 Var. 07-08 (%)
Capitalisation boursière
(milliards dollars) 2,28 2,51 3,44 6,64 9,18 10,9 9,6 -11,9
Nombre de sociétés
et de fonds cotés 13 14 16 15 16 15 12 -20
Source : Bourse de Beyrouth. Eurobonds libanais
2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 Var. 07-08 (%)
Volume des eurobonds
du marché (milliards dol.) 10,49 9,7 11,94 14,80 14,83 16,9 17,17 +1,3
Rendement moyen (%) 7,88 5,50 5,98 6,40 7,70 8,1 8,7 +0,6
Spread moyen 557 340 269 216 300 458 727 +269
Source : Ministère des Finances.
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