L’organisation internationale Internews Network, qui travaille au développement de la presse, s’est penchée sur le fonctionnement interne des médias libanais. Cinquante-cinq télévisions, radios, journaux, magazines et sites Internet ont accepté de se prêter au jeu et de répondre aux questions de l’organisation concernant leur gestion des ressources humaines, de la publicité, du marketing, des nouvelles technologies, des finances, des ventes et du design. Le rapport, intitulé “Dans les coulisses : la transparence dans les médias libanais”, a été rendu public en février. Il révèle que seules quelques stations de télévision font – ou du moins prétendent faire – des profits. La grande majorité des médias écrits, y compris de grands quotidiens, admet au contraire ne pas avoir dégagé de bénéfices au cours des cinq dernières années. Le groupe L’Orient-Le Jour précise néanmoins que son bilan a été légèrement positif lors de cette période.
Pour couvrir leurs pertes, et selon le rapport d’Internews, 20 des 55 médias disent compter sur un financement par les propriétaires ou les membres du conseil d’administration. Une dizaine d’autres disent se financer grâce à des « donations », dont ils ne précisent pas la source. L’étude confirme également que, dans la majorité des cas, le propriétaire de l’entreprise de presse est un homme politique.
Concernant les nouvelles technologies, si 74 % des médias ont un site Internet, seuls 11 % d’entre eux déclarent que ce site est rentable. Toujours selon Internews, plus de la moitié des entreprises ayant répondu à l’enquête ont un département marketing et près de 70 % un département de ventes. Près de 30 % de ces médias n’emploient aucune femme. Il est à noter enfin que près de 60 % des médias n’ont pas répondu aux questions concernant leurs revenus publicitaires.