Mishmish, dans le Akkar, est l’un des villages les plus pauvres du pays, avec un taux de chômage de 25 à 30 %. Ses 16 000 habitants dépendent essentiellement d’activités agricoles peu productives et de constructions qui s’arrêtent d’octobre à février à cause du climat.
Cette saisonnalité favorise l’exode rural, voire l’émigration. Car les jeunes sont nombreux à entrer tous les ans sur le marché du travail : chaque famille compte 7,5 personnes en moyenne et 65 % de la population a moins de 21 ans.
Mishmish souffre aussi d’un taux de mortalité trois fois plus élevé qu’à Beyrouth, l’hôpital le plus proche étant à 35 km. La municipalité a donc demandé l’aide du Fonds de développement économique et social pour quatre projets prioritaires : un pont facilitant le déplacement des agriculteurs et des écoliers au sein du village, un centre médical, un centre pédagogique et culturel (cours de langue et d’informatique) et un centre de production agricole.
Le centre médical a ouvert ses portes le 1er janvier 2008. Un changement tangible pour les villageois qui allouaient jusque-là 30 % de leur revenu à des dépenses médicales. Le Dr Taleb, responsable du centre, explique que « les malades devaient se rendre dans des cliniques privées, payer le transport et sacrifier une journée de travail pour se faire soigner ». Quelque 35 spécialistes se relaient deux jours par semaine dans le centre où quatre médecins généralistes et cinq employés sont présents 24h/24.
Une moyenne de cinquante patients par jour viennent consulter (pour maximum 15 000 livres) dont 70 % proviennent des villages avoisinants. Le centre qui est géré par la municipalité devrait afficher un budget excédentaire dès sa deuxième année de fonctionnement. Quant au centre de production agricole, son inauguration est prévue le 1er septembre.
Sa vocation est d’aider les agriculteurs à transformer et conserver leur production, afin de créer de la valeur ajoutée : « Nous voulons par exemple exporter des aubergines au vinaigre en Australie pour servir les expatriés libanais. Ici, on produit le kilo à un dollar, là-bas on le vendrait à 20 et on pourrait en obtenir trois dollars de bénéfices par kilo », explique le secrétaire de la municipalité, chargé des relations publiques Nazih Kamareddine. Le centre qui a coûté 170 000 euros devrait employer 50 femmes, principales victimes du chômage.
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