La reprise économique annoncée, et espérée, par les autorités américaines requiert une politique monétaire incitative pour affecter positivement la consommation des ménages et la production industrielle. De la force de cette incitation va dépendre le rebond mondial. Si la planche à dollars tourne à l’excès, la monnaie va perdre de son pouvoir d’achat et entraîner une augmentation générale et durable des prix. C’est le scénario de l’inflation. À l’inverse, si cette inflation est négative et que la monnaie prend de la valeur, les prix et les salaires diminuent : c’est la déflation. Quelle sera la tendance des mois à venir ? « Cela va dépendre de la façon dont les acteurs économiques prennent leurs décisions, compte tenu des modèles proposés par les économistes ou non », explique Marcus Marktanner, chercheur et professeur adjoint à l’Institut d’économie financière de l’Université américaine de Beyrouth.
Une déflation pourrait aggraver la récession
Les économistes anticipent une chute générale des prix à la consommation aux États-Unis et au Japon pour 2009, tandis que l’inflation dans la zone euro ne serait que de 0,6 %. À l’horizon se profilent un écroulement de la production industrielle, un taux de chômage élevé et la baisse du prix des matières premières. Ce scénario augmenterait la valeur réelle des dettes, ce qui dissuaderait les foyers et les entreprises d’acheter à crédit. L’or reprendrait alors son rôle de valeur refuge. Et les investisseurs pourraient se mettre à l’abri derrière les produits monétaires. Bien que les banques centrales se focalisent actuellement sur la question de la déflation, le risque important à long terme pourrait être que l’inflation augmente trop rapidement alors que les économies se rétablissent et que les banques utilisent de considérables sommes en provenance de leurs réserves pour approvisionner leurs crédits.
L’inflation : une condition sine qua non de la reprise
Les actions expansionnistes répétées de la Réserve fédérale américaine (Fed) prévoient une inflation anticipée de 0,9 % sur cinq ans et 1,3 % sur dix ans. Si les liquidités fournies aux banques viennent nourrir une expansion du crédit, l’inflation ne tardera pas à se réveiller. Un autre problème est le déséquilibre des situations entre les pays : l’Europe, avec son système de sécurité sociale développé, devrait traverser les perturbations avec moins de remous que les États-Unis. « Les risques inflationnistes à long terme sont donc moins importants pour l’économie européenne qu’outre-Atlantique », remarque Marcus Marktanner.
Comment investir ?
En matière de placement, les options sont diamétralement opposées entre inflation et déflation. Les investisseurs doivent tenter à la fois de se protéger d’une déflation à court terme et d’un éventuel regain rapide d’inflation en sortie de crise. Il serait sage de conserver encore quelque temps des liquidités pour pouvoir réagir rapidement si l’économie opérait un rebond rapide. En cas de baisse des prix, l’argent liquide gagne de la valeur. Et ceux qui craignent une flambée brutale des prix dès que la confiance sera revenue peuvent déjà se protéger en investissant dans des fonds d’obligations indexées sur l’inflation. On privilégiera des maturités inférieures à cinq ans.
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