Aluminium, cuivre, zinc, blé, maïs sont autant de sources de gains possibles pour les investisseurs éclairés. Les marchés de matières premières, pétrole et or en tête, sont des secteurs-clés pour la reprise de l’économie mondiale. Encore relativement abordables, ces actifs devraient prendre de la valeur dans les mois à venir.
Le pétrole profite du rebond des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine)
Il y a encore quelques mois, le pétrole était une denrée chère et convoitée. Puis la crise est passée par là, faisant chuter de plus de moitié le prix du baril. Si les économistes sont confiants quant à la remontée des indices, cette dernière ne devrait pas se confirmer à court terme, car les stocks ont augmenté et la demande globale a faibli. Pour pallier à ce déséquilibre, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) a donc révisé à la baisse ses quotas. L’agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) estime que la consommation de brut reculera de 1,4 million de barils par jour en 2009 et que le prix du baril de “light sweet crude” sera en moyenne de 42 dollars. Pour 2010, l’agence prévoit un baril à 53 dollars avec une croissance de 900 000 barils par jour. Il faut tenir compte de la dépréciation éventuelle du dollar, la devise dans laquelle est libellé le cours des hydrocarbures, le gaz étant indexé sur le cours du pétrole. Pour le responsable investissements de la banque privée du Crédit agricole suisse, Frédéric Lamotte, il est toutefois encore possible d’investir modérément à court terme, car les risques de baisse des prix sont très limités, le seuil des 50 dollars paraissant être devenu un support ces derniers mois.
Il existe différents instruments d’investissement : les principaux étant les trackers ETFS Brent et Crude Oil et les contrats à terme. Il est également possible d’acheter des actions de sociétés pétrolières ou à l’inverse de vendre des valeurs pénalisées par la hausse du pétrole.
À moyen terme, la demande mondiale en énergie devrait toutefois remonter, sous l’effet de la reprise économique annoncée de pays comme le Brésil, la Russie et surtout l’Inde et la Chine (BRIC). Les analystes préconisent fortement d’entrer sur les marchés de l’or noir avant qu’il ne redevienne hors de portée. « On observe actuellement une stabilisation des prix après une longue phase de spéculation. Il est, par conséquent, intéressant d’investir avec un horizon de trois à cinq ans », explique Dory Hage, responsable du département fonds et produits structurés de la LFF. Le temps de donner la possibilité aux économies émergentes et aux États-Unis de remonter la pente. Pour Frédéric Lamotte, du Crédit agricole suisse, « les prix du pétrole vont très probablement remonter à moyen terme, car la ressource se raréfie ». Le pic de production est atteint, alors que la demande des pays émergents, elle, augmente : cet “effet de ciseaux” va décider des cours. Lamotte fixe à 35 dollars le baril le plancher d’achat et à 70 dollars le premier niveau de vente. La Banque Byblos conseille, quant à elle, d’investir dans des contrats à terme avec des échéances à 2011 ou 2012. Même tendance du côté du gaz, qui devrait observer une évolution similaire à celle de l’or noir au cours des mois à venir. « C’est un investissement intéressant contre l’inflation et la dévaluation éventuelle du dollar », note Charles Najjar, du département produits de la banque privée Audi-Saradar.
L’or : une valeur refuge stable
Les craintes de chaos monétaire actuelles alimentent les achats d’or. Pour les analystes de la Banque Byblos, la valeur devrait retoucher les 1 000 dollars l’once dès le mois de mars 2010. Frédéric Lamotte, responsable investissements de la banque privée du Crédit agricole suisse, raccourcit même l’échéance à la fin de l’année 2009. Le scénario d’une once à 3 000 dollars à moyen terme n’est également pas à exclure, selon lui. « L’or va rester un actif volatil, donc dangereux à ce titre », précise toutefois Lamotte. Il évalue à 820 dollars l’once, le bon niveau d’achat.
Les trackers or sont intéressants, car peu sensibles au taux de change dollar/euro. Ils proposent une exposition au risque relativement mesurée. Les certificats sont sauvés en cas de faillite de l’établissement bancaire qui les gère, contrairement aux comptes-titre. Pour Albert Letayf, PDG de Levant Finance Advisors, la meilleure façon de bien rentabiliser sa mise est d’acheter l’or tout en vendant des options d’achat couvertes pour rentabiliser son investissement. Beaucoup de particuliers se sont récemment tournés vers l’or physique. Mais le pic de demande pour les lingots et autres pièces sonnantes et trébuchantes, considérés par beaucoup comme la valeur refuge par excellence, ralentit depuis qu’un espoir de reprise se profile. « C’est un type de placement plus sécurisé et qui protège contre l’inflation, mais les coûts des transactions sont souvent élevés », relève Frédéric Lamotte. Et contrairement à ce que beaucoup croient, ce n’est pas un placement à capital garanti. Ceux qui ne souhaitent pas acheter des lingots eux-mêmes peuvent souscrire un compte-titres ou “or papier”. Pour cela, demandez conseil à un spécialiste, car l’or papier dépend fortement de la santé des banques émettrices de titres ou des contreparties.
Les matières premières pour se prémunir contre les possibilités d’inflation
Assez peu populaires auprès des investisseurs libanais, les autres matières premières ont pourtant l’avantage d’être des refuges contre l’inflation. L’aluminium, le cuivre, le zinc et les matières agricoles sont autant d’investissements recommandés dans la perspective de rebond de l’économie mondiale à moyen terme, en particulier en Chine et au Brésil. « La demande sur ces marchés est plus concrète que pour l’or », note Charles Najjar. Il conseille donc d’y consacrer autour de 5 % d’un portefeuille, pour une exposition au risque modérée. L’instrument principal est le contrat à terme, indexé sur les indices. « C’est un excellent investissement à moyen et long terme », confirme Dory Hage, de la Libano-française Finance. Le secteur minier est également à surveiller, « car les prix sont très bas par rapport aux actifs », explique Albert Letayf, PDG de Levant Finance Advisors. Les valeurs des marchés de matières agricoles doivent être choisies avec soin, car toutes n’ont pas le même potentiel de hausse et la même exposition aux aléas climatiques.
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