En temps d’incertitudes économiques, les investisseurs se retournent naturellement vers les placements visibles et palpables ou “produits réels”, par réaction à la fluctuation inquiétante des bourses. L’or, valeur refuge de référence, arrive souvent en premier choix. Il est suivi de près par la pierre, qui a un effet de levier honorable. « Les actifs réels représentent la meilleure solution contre le risque de dépréciation de la monnaie », explique Frédéric Lamotte, à la tête des investissements de la banque privée du Crédit agricole suisse. Le marché de l’immobilier n’était pourtant pas en odeur de sainteté ces derniers mois, plombé par la crise des emprunts “subprime” aux États-Unis et fortement déprimé en Europe par effet de domino. Pourtant, outre-Atlantique, la forte dépression du marché est synonyme d’opportunité pour beaucoup d’investisseurs. « L’immobilier américain va forcément repartir », diagnostique Toufic Aouad, directeur général de la banque privée Audi-Saradar. Pour un meilleur rendement, il faut avoir la possibilité d’investir à une échéance d’au moins cinq ans, selon le spécialiste. Frédéric Lamotte conseille, lui, d’emprunter l’équivalent de la moitié de la somme investie. « Il faut s’endetter raisonnablement en défiance des actifs monnaie. » Les plus gros portefeuilles consacrent généralement 15 % à l’immobilier. En Europe, il faut cibler les bonnes opérations. Si les marchés français et allemands ne s’en sortent pas trop mal, la Grande-Bretagne est frappée de plein fouet par la crise américaine. « C’est encore la place européenne la plus à risque, met en garde Albert Letayf, PDG de Levant Finance Advisors. Il faut faire du cas par cas si l’on souhaite investir. » L’immobilier n’est pas le seul actif réel proposé aux investisseurs. Les plus fortunés peuvent s’offrir des produits de luxe de tout genre, qui ne sont pas victimes des cours des marchés. « Une bonne bouteille de Château Latour ne perdra jamais de sa valeur », plaisante Frédéric Lamotte. Le fond du propos est néanmoins tout à fait sérieux : nombreux sont les clients des banques privées qui placent leur argent dans des voitures, des œuvres d’art et des grands crus classés.
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