Quand ils choisissent de placer leur argent au Liban, la grande majorité des Libanais le déposent à la banque. Une tendance qui ne se dément pas : en 2008, 11 milliards de dollars sont entrés dans le système bancaire national.

Le dépôt à terme
Grand favori des épargnants, le dépôt à terme est le meilleur moyen de rémunérer une somme déposée à la banque. Le compte à terme fait partie de la famille des comptes de dépôt à terme, par opposition aux comptes de dépôt à vue (appelés aussi comptes courants ou comptes chèques). Il s’agit d’un placement financier à court terme, rémunéré et sécurisé. Selon l’échéance définie au moment de l’ouverture du compte, le taux sera plus ou moins intéressant : en livres libanaises, il varie entre 5 et 8 %, et est autour de 3 ou 4 % en dollars. La plupart des banques proposent un même dépôt soit en dollars, euros ou livres libanaises, Ces derniers représentent 1/3 des dépôts. Le souscripteur reçoit un relevé, contrairement au compte à terme lié à un livret. Les dépôts à terme proposés varient de un à trente-six mois. Mais 90 % d’entre eux sont à un mois.

Le livret d’épargne
Titre de créance, il se caractérise par la remise d’un livret au souscripteur où sont répertoriés dépôts et retraits. Désormais imposé à 5 % sur les intérêts, il disparaît peu à peu au profit du dépôt à terme également imposé mais plus populaire.

Les plans d’épargne
Disponibles pour tous les revenus, ils sont généralement combinés avec une assurance-vie. Il existe différents types de plans : retraite, éducation. Ils restent encore peu prisés des épargnants libanais, peu habitués à leur complexité.

Bourse
Côté marché, la Bourse libanaise a relativement moins souffert de la crise que ses voisins, avec une baisse de près de 27 % depuis 2008, selon des chiffres de la Banque BLOM publiés le 6 mai, contre 72 % à Dubaï. Les valeurs phares sont les banques et Solidere. « Les reverse convertible sur Solidere sont à la mode auprès des investisseurs », note Patrick George de FFA Private Bank. « Les rendements des placements au Liban correspondent à ceux des meilleures périodes sur les Bourses mondiales. Les notations ne sont pas les meilleures, mais le secteur est stable », explique Michel Chikhani, responsable de la gestion d’actifs de la Banque BLOM.

Le succès des eurobonds
Les rendements des eurobonds sont particulièrement attractifs. Pour une échéance à trois mois, le papier offre du 5 %, presque 7 % à six mois et jusqu’à 9 % si l’on est prêt à bloquer sa mise pendant trois ans, selon les chiffres fournis par la Banque centrale. L’État en tant qu’émetteur possède également une excellente réputation, pour la simple raison que la majeure partie de la dette est détenue par les banques nationales. « Les bons du Trésor libanais sont intéressants, car leur notation vient d’être rehaussée et l’État n’a jamais fait défaut à ses créanciers », explique Michel Chikhani.
Selon un rapport du ministère des Finances libanais, l’opération de swap d’eurobonds menée au début de l’année entraîne une nouvelle émission, qui s’est élevée à près de 450 millions de dollars. Le rendement de l’obligation pour une échéance en 2012 est de 7,5 %, celui de l’obligation venant à échéance en 2017 est de 9 %. Quant au rendement des eurobonds en euros, il est de 7,75 % pour une échéance en 2012.
Autre possibilité, les certificats émis par la Banque centrale, mais ils n’ont pas trop la cote auprès des particuliers, « car les taux ne sont pas les plus intéressants, environ 4 % en dollars et 8 % en livres », explique Michel Chikhani, responsable de la gestion d’actifs de la Banque BLOM. Quel que soit le choix de placement, « il faut profiter des taux attractifs de la livre », insiste Paul Chucrallah, de la Banque al-Mawarid.

Immobilier : privilégier l’achat personnel à la spéculation
Alors que la crise du crédit décimait les marchés immobiliers occidentaux qui ne s’en sont pas encore relevés, « le Liban a été vu comme un refuge pendant la crise », constate Dory Hage de la LFF. Si aujourd’hui les prix du marché se sont stabilisés, les professionnels pensent que cette tendance haussière va encore durer. « La hausse correspond à une demande réelle, et non à un phénomène spéculatif », remarque Dory Hage, les Libanais achetant principalement pour un usage personnel. « Ils ont une relation affective avec la propriété », analyse Paul Chucrallah de la Banque al-Mawarid. « Cela explique l’intérêt permanent pour le marché local », dit-il. Un marché soutenu également par la diaspora.
Dans une optique spéculative, les règles du jeu sont différentes. « C’est un placement risqué si l’on s’y connaît mal », prévient Albert Letayf, PDG de Levant Finance Advisors. Certaines bonnes affaires peuvent proposer des rendements de l’ordre de 20 %. « L’immobilier en termes d’investissement pur est plus complexe et peu liquide », confirme Tony Graham, responsable du département finances personnelles de HSBC au Liban.
Pour les banquiers libanais, le secteur reste une bonne diversification de portefeuille. « Le fait que le marché libanais ait survécu à la crise mondiale est un bon indicateur pour les investisseurs », souligne Dory Hage, de LFF. Pour Michel Chikhani, de la Banque BLOM, la condition sine qua non est néanmoins la capacité à s’endetter pour acheter.

Fonds de placement
Les banques privées au Liban proposent toutes sortes de produits et de fonds de placement, à la fois sur le marché local et international. En voici quelques-uns, avec leurs rendements et maturités.
- La Banque Byblos propose des obligations convertibles, qui rapportent 6,5 % par an avec un coupon tous les six mois. Ce papier est convertible trimestriellement en actions Byblos, dont la valeur est fixée à 2,25 dollars. L’“equity link note” paye elle un coupon régulier, l’actuel arrivant à échéance fin 2010 pour un rendement moyen de 8 %. La banque prévoit d’en ouvrir d’autres. Le “deposit link note”, certificat sur les bons du Trésor, a également beaucoup de succès. L’établissement bancaire s’intéresse aussi aux dettes des voisins, comme celles du Qatar ou d’Abou Dhabi, qui sont très bien notés en ce moment et qui proposent des coupons à 5 ou 6 %.
- La Fransabank propose quatre produits structurés sur trois ans à capital garanti à partir de 5 000 dollars (Fransabank 3x3 GEM I et Fransabank 3x3 GEM II, Winners 9 et Easy Times). Ces produits offrent une rémunération liée à la performance d’un panier d’actifs diversifiés. De même, la FIB, en collaboration avec Bancassurance SAL, a lancé en 2007 un produit à capital garanti sur huit ans avec une composante assurance-vie, Invest and Insure.
- HSBC offre des fonds à capitaux fixes, comprenant à la fois des bons d’État et des papiers corporate en euros et en dollars. Son service Premier permet également à ses clients libanais de bénéficier de conseils en gestion d’actifs et de fortune à travers le monde, pour un minimum de 100 000 dollars.
- FFA Private Bank a lancé le 15 mai un fonds mixte d’obligations et d’actions du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord (FFA fixed income MENA Fund). Ce produit demande une mise de fonds de 100 000 dollars pour une performance annuelle espérée de 9 %. Le “Global Opportunity Investment Program” suit lui les valeurs “blue chip” du Dow Jones, pour une performance annuelle espérée de 10 %. Les “International bond managed accounts” sont des comptes gérés par la banque qui proposent de l’ordre de 9 % de rendement. Enfin, “Step up” est un programme de dépôt en dollars qui rapportait en mai 6,5 % sur 18 mois, avec une sortie tous les six mois à 4,5 %.
- Les fonds d’investissement de la Bank of Beirut ont été récompensés au niveau régional pour leur rendement. Le “Beirut Income Fund II” en USD propose des bons du trésor pour une performance 2009 annualisée de 18,8 %. Le “Beirut Preferred Fund” en dollars également, sera clotûré en mai 2013. En livres libanaises, le “Beirut Lira Fund II”, ouvert jusqu’en février 2014, propose une performance annualisée de 10,5 %.
- La Banque BLOM propose le “BLOM Cedars Balance Fund”, un fonds mixte ouvert constitué de 75 % d’obligations et de 25 % d’actions libanaises. Le ticket s’élève à 5 000 dollars. Ce fonds offre une stabilité de rendement, qui peut atteindre 13 % annuel, si on y reste à long terme. Évolution des valeurs de la Bourse
de Beyrouth (BSE)
Société Performance YTD Janv. 08/
2008 (%) (%) mai 09 (%)
Solidere A -28,18 3,63 -25,58
Solidere B -26,43 2,99 -24,23
BLOM GDR -19,24 -13,52 -30,16
Audi GDR -29,90 -14,28 -39,91
Byblos Listed -27,93 7,50 -22,52
Byblos PT -25,79 6,71 -20,81
Holcim -22,02 -22,74 -39,76
Indice de Beyrouth -21,54 -6,92 -39,76
Source : Banque BLOM au 6 mai 2009.