La saison 2008 a été particulièrement bonne pour l’industrie du tourisme au Liban et les perspectives de 2009 sont encore plus prometteuses malgré le bémol dû aux élections de juin qui pourraient décourager les touristes désireux de se rendre au Liban.
Aujourd’hui, malgré la crise économique, le secteur hôtelier à Beyrouth enregistre des chiffres record comparés aux résultats des années précédentes et aux hôtels de la région.
Selon une étude sur le secteur hôtelier au Moyen-Orient, élaborée par la société de conseil HVS, Beyrouth connaît la plus forte hausse en termes de rentabilité par chambre disponible. Elle est aussi en tête du classement pour le taux de croissance du taux d’occupation des hôtels pour les premiers mois de l’année 2009, celui-ci étant passé de 39 % en 2007 à 57 % un an plus tard. Quant au profit opérationnel brut, il a augmenté de 700 % par rapport aux années ayant précédé 2008.
Il faut néanmoins relativiser ces bons chiffres et les interpréter prudemment, car ils sont basés sur une comparaison avec les performances considérablement faibles des années précédentes marquées par l’instabilité politique et sécuritaire qui ont placé le Liban au bas de tous les classements hôteliers de la région. Ainsi, Beyrouth est bonne dernière du classement des villes arabes en termes d’occupation des hôtels dans la région sur les 15 dernières années (1994-2009), selon HVS, alors que la moyenne de la région s’élève à 67 % et que Dubaï atteint les 77 %.
Les perspectives sont plus favorables désormais et Beyrouth est aujourd’hui une ville beaucoup plus attirante que Dubaï pour les nouveaux investisseurs dans le secteur. Une tendance confirmée par plusieurs professionnels de l’hôtellerie réunis à la conférence AHIC (Arabian Hotel Investment Conference) à Dubaï en mai. Plusieurs conférenciers des sociétés spécialisées, telles Deloitte ou Jones Lang La Salle, ont considéré le Levant et Beyrouth en particulier comme des opportunités d’investissement pour les années à venir.
Ces perspectives optimistes sont confirmées par de nombreuses sources qui prévoient de belles performances hôtelières dans plusieurs villes du Moyen-Orient, parmi lesquelles Beyrouth.
Signe qui ne trompe pas, les investisseurs ont repris le développement de leurs projets abandonnés ou ralentis depuis quelques années. Plusieurs établissements vont ainsi ouvrir en 2009, dont les très attendus hôtels Four Seasons et Le Gray. En revanche, un autre projet Rotana, le Solidere Rotana Suites, qui est attendu depuis 2007, semble suspendu, voire arrêté.
D’autres projets sont également annoncés, comme la rénovation du Summerland qui devrait devenir un hôtel Kempinski (le second de cet opérateur au Liban après celui d’al-Abadiyah Hills) et dont l’ouverture est prévue pour 2012.
Enfin, certains projets n’en finissent pas de se préparer à l’ouverture, comme le Hilton. Il semblerait que les conflits entre propriétaires de l’hôtel et/ou avec l’entrepreneur aient retardé son ouverture pourtant attendue depuis juillet 2007. Quant au projet hôtelier de Marwan Kheireddine (de la Banque al-Mawarid), qui comptait Philippe Starck comme designer, est lui tout aussi incertain.
Il faut noter que, mis à part le Kempinski al-Abadiyah Hills, les ouvertures annoncées de cet été se concentrent principalement sur Beyrouth, qui a toujours attiré le plus grand nombre d’hôtels cinq étoiles dans le pays.
Cette vague d’investissements répond au sous-développement de l’offre hôtelière. En 2006, on comptait 4 000 chambres dans la capitale contre près de 11 000 au Mont-Liban sur un total national de 17 449 chambres. Depuis cette date, aucun nouveau venu n’avait été signalé, à part le Ramada au centre-ville, mais plutôt des fermetures.
Il est très difficile d’évaluer la croissance de la demande dans un pays tel que le Liban, mais il est certain que l’offre en termes d’hôtellerie n’est aujourd’hui ni suffisante ni adaptée aux standards internationaux plus élevés. Le Liban est encore un pays émergent et son dispositif hôtelier est tout aussi bien à renouveler qu’à augmenter.
Les investissements sont réalisés par plusieurs acteurs, conscients de ce déficit. Parmi les Libanais, on retrouve les grandes familles hôtelières “traditionnelles” comme les Salha, les Saab et nouvellement les Younès. Quant aux étrangers, il s’agit des groupes Kingdom, Khourafi ou encore des fonds d’investissement du Golfe tels que le Groupe Istismar. Les chaînes n’investissent pas au Liban, ni ailleurs, les opérateurs préférant gérer. En revanche, elles sont sollicitées pour opérer les établissements, certaines d’entre elles apportant leur enseigne à plusieurs projets simultanés. La tendance au recours aux grandes chaînes peut s’expliquer par deux raisons : la première est la volonté de remettre à niveau et de professionnaliser le secteur hôtelier local à l’heure où tous les yeux sont rivés sur la croissance touristique dans le pays du Cèdre ; la seconde raison tient à l’étendue de la base de clientèle que ces chaînes internationales sont capables de générer en termes de volume de réservation comparé aux enseignes indépendantes.
La majorité des nouveaux hôtels se positionne dans le créneau des cinq étoiles pour répondre à la demande telle qu’elle est ressentie sur le marché : la grande partie de la clientèle étrangère friande du Liban aujourd’hui est constituée de touristes du Golfe qui réclament du luxe, un confort ultime et un service maximal. Quant à l’offre actuelle des enseignes de gamme moyenne, elle répond de manière suffisante à la demande des touristes européens qui cherchent un moindre confort, mais sont encore relativement peu nombreux. À la question de savoir si le marché haut de gamme risque d’être saturé, les professionnels du secteur répondent par la négative et semblent confiants, car en cas de stabilité le marché sera toujours porteur. Un optimisme lié à la nature du secteur dans lequel le retour sur investissement se fait dans la durée, sachant que les dernières années n’ont pas été très encourageantes. Huit nouveaux hôtels à Beyrouth
Nom de l’hôtel Capacité d’accueil Date d’ouverture Emplacement
(chambres/suites)
Le Gray 87 Juin 2009 Centre-ville
Four seasons 234 Juillet-sept. 2009 Centre-ville
Grand Hyatt 443 Fin 2011 Centre-ville
Kempinski Summerland 151 2012 Jnah
Landmark 288 2013 Centre-ville
Hilton 200 - Centre-ville
Raouché Rotana Suites 170 Septembre 2009 Raouché
Solidere Rotana Suites 200 - Centre-ville
Total des chambres 1773