La toute jeune société de production Beyond Production, née il y a à peine un an à Beyrouth, a lancé le 1er mai le numéro zéro de Plastik, un magazine consacré aux arts visuels. Ce bimensuel de 180 pages réunit le travail de photographes, de graphic designers et d’artistes, libanais ou étrangers, autour d’un grand thème : “Qu’est-ce que le réel ?” « Il y a un énorme potentiel de talents au Liban, mais ils n’ont pas toujours la possibilité de s’exprimer, explique Eli Rezkallah, fondateur et directeur créatif de la publication. Le marché est essentiellement dirigé vers les pays arabes et contraint par une vision conservatrice de la société. Plastik a deux buts : être une plate-forme, un moyen d’expression pour ces artistes en leur permettant de promouvoir leur travail, mais aussi devenir une source d’inspiration. »
Le numéro zéro, “Poupées contre société”, interroge l’évolution de la poupée Barbie et de l’image de la femme ; d’autres photographies s’inspirent du Quartier rouge d’Amsterdam ; le réalisateur Ziad Doueiry présente ses 10 films préférés… « Notre magazine s’appelle Plastik, mais c’est peut-être le seul magazine libanais qui ne l’est pas, précise Eli Rezkallah. C’est ironique, visuellement il y a un aspect plastique, mais le message est simple, réel. Nous sommes anticommerciaux, mais en étant “commercially smart”, on utilise le système sans faire de compromis sur le fond. »
Distribué gratuitement à 8 000 exemplaires, dans Beyrouth et ses environs, le budget de Plastik est de près de 50 000 dollars par numéro, le principal poste de dépense étant l’impression, confiée à la société Dots. Plastik est financé à 100 % par la publicité, qui représente 15 % du volume du magazine. Les publicités locales sont toutes des campagnes réalisées par Beyond Production et l’équilibre a déjà été atteint pour ce numéro zéro, sur lequel ont travaillé une douzaine de personnes. Pour les trois fondateurs, l’objectif n’est pas le profit : « Nous sommes partis de rien, nous avons créé nous-mêmes notre société grâce à nos contacts, notre travail et aux personnes qui nous ont fait confiance. Si on fait des bénéfices avec Plastik, on réinvestira cet argent pour grandir et faire encore mieux ! »