À 28 ans, Tony Habre a déjà plusieurs années d’expérience dans le monde de la restauration. Assis sur la terrasse du White, l’une de ses réussites, il raconte son parcours. Après une scolarité au Collège Notre-Dame de Jamhour, il fait des études en Business Administration à l’AUB. C’est à l’université qu’il commence à organiser des événements et se retrouve pris dans les filets du métier.
Le 27 décembre 2001, il ouvre le Pulse, un restaurant-bar, au centre-ville. « C’est là où j’ai appris le métier, se souvient Tony Habre, puisque j’ai démarré de zéro. » Le Pulse est un succès jusqu’en 2004 au moment où il ferme. Mais le retour sur les 200 000 dollars qu’il a invetis avait déjà été assuré deux ans plus tôt. Le House of Salad prend sa place. « Je voulais développer un restaurant au centre-ville, un quartier plus adapté à la restauration qu’aux bars ou aux boîtes de nuit. On y servait 45 genres de salades », explique Habre. Quelque 450 000 dollars sont injectés dans le projet et un accord de franchise est signé avec le Koweït pour 180 000 dollars. Neuf mois plus tard, à la suite de l’assassinat de Rafic Hariri, le restaurant est contraint de fermer. Tony Habre encaisse le coup dur, mais l’expérience a été un tel succès qu’il pense sûrement faire revivre le concept.
Entre-temps en 2003, avec d’autres partenaires dont les frères Kazan et Dany Aprat, il ouvre le Moorea Beach Resort. C’est l’un des premiers clubs de beach parties en pleine journée. Il a eu ses beaux jours, puis a été cédé au Bamboo Bay, avant de devenir l’Orchid d’aujourd’hui. Habre invoque la rude concurrence pour expliquer sa décision de laisser tomber cette plage.
D’autres projets se succèdent. À la tête de Addmind, société créée en 2004 avec ses partenaires Jad Lahoud, Claude Saba et Karim Jaber, il acquiert la franchise du Pascucci, une marque de café italienne qu’il développe dans un concept de restaurant-café. Mais c’était la franchise pour tout le Moyen-Orient qui l’intéressait, et comme il n’arrive pas à l’obtenir, il décide de remplacer le Pascucci par le Posh à Achrafié, un concept personnel dont il peut contrôler le développement. Trois à quatre mois plus tard, en 2008, problème de mauvais timaing, selon Tony Habre, il cède Posh à Let’s Burger.
Parallèlement, le Gem ouvert le 21 décembre 2007 connaît jusqu’à aujourd’hui du succès sur les escaliers de Gemmayzé. D’autres expériences limitées dans le temps comme celles du Asia, place Riad el-Solh, et du L Bar, rue de Damas, s’accumulent pour Habre et Addmind, toujours partenaire et gérant des projets dans lesquels ils participent.
Le White est l’une des plus importantes réussites de la société : il a ouvert le 16 juin 2006 avec un investissement de 1,6 million de dollars pour un bar en plein air qui reçoit 1 800 à 2 200 personnes en week-end et 800 à 1 300 en cours de semaine. L’espace à ciel ouvert a rouvert dès la fin de la guerre de 2006. Le Eight, bar couvert situé aussi sur le toit de l’immeuble an-Nahar, a quant à lui démarré l’hiver 2006.
Comme beaucoup d’autres acteurs de l’industrie du tourisme, Tony Habre précise que les facteurs imprévisibles sont fréquents au Liban. C’est l’une des raisons pour lesquelles Addmind a décidé de s’élargir hors du pays. « La décision de sortir du Liban est une forme d’assurance en plus d’une volonté d’expansion. » Eight est donc présent depuis 2007 en Jordanie et depuis 2008 à Abou Dhabi. Plus récemment, en janvier 2009, Habre a inauguré à Damas le Dôme, un bar-restaurant. Au Liban, d’autres projets sont en cours : Kaslik va avoir son bar sur le toit, Jet, qui ouvre en juillet. « Beyrouth est saturé, Kaslik est un bon créneau. En tout cas, dans notre métier, la diversification est un must », dit Tony Habre.
Au total, avec un chiffre d’affaires annuel de quelque sept millions de dollars, Addmind emploie 90 personnes. Tout le management des restaurants se fait en interne, puisque la société propose des services allant de l’architecture d’intérieur au graphic design, en passant par le conseil et la formation des employés. Et c’est avec fierté que Tony Habre dit : « Plusieurs des employés qui ont débuté avec moi au Pulse occupent aujourd’hui des postes de responsabilité au sein d’Addmind. »