Le monde des médias libanais est en effervescence : le quotidien al-Nahar, la télévision Lebanese Broadcasting International (LBCI) et le groupe Murr (MTV et Studio Vision) ont tous les trois annoncé des licenciements en septembre et octobre derniers.
Al-Nahar, le plus vieux quotidien arabophone du Liban, a annoncé le licenciement de 18 % de ses effectifs, soit 55 personnes ; LBCI compte supprimer un peu plus de 90 postes, soit près de 14 % de ses effectifs ; et le groupe Murr renvoie une soixantaine de personnes, dont huit de la chaîne de télévision MTV et 50 de la société de production Studio Vision.
Al-Nahar invoque des raisons financières pour justifier le licenciement de ses employés. Le quotidien souffre d’un déficit de plus d’un million de dollars par an ; il a eu recours aux services du cabinet de conseil Booz & Co. pour élaborer un plan de restructuration qui devrait lui permettre de le réduire substantiellement.
La télévision MTV a, quant à elle, affirmé que les huit personnes licenciées étaient en période d’essai et leur contrat n’a pas été prolongé, pour des raisons tant personnelles que professionnelles. En revanche, Studio Vision s’est vu contrainte de remercier une cinquantaine de personnes qui travaillaient avec la société de production Rotana, propriété du prince saoudien al-Walid ben Talal. Celui-ci aurait en effet réduit le financement de Rotana en raison des pertes qu’il aurait subies sur les marchés des “subprime”.
La LBCI est, de son côté, restée discrète sur son plan de restructuration. Des experts du secteur affirment que la fermeture de ses bureaux en Arabie saoudite n’a fait qu’accélérer un processus déjà pensé et entamé par le passé. Tous ces médias ont en commun le fait que le prince al-Walid y possède des parts, à divers degrés.