Atibaia
Un micro-vignoble pour un vin prometteur

M. R.

Localisation : cave et vignoble dans la région du Batroun, 4 hectares de vignes
Date de création : 2006
Première récolte : 2009
Production : 6 000 bouteilles. À terme, une production limitée entre 10 et 15 000 bouteilles
Investissement : plus d’un million de dollars pour la cave.
Prix : vin non commercialisé

Jean Massoud est un amoureux de vins et du Brésil. Les deux associés, cela donne Atibaia, une ville brésilienne pas très loin de São Paulo, qui est aussi désormais le nom de son vignoble, planté au cœur des collines du Batroun. « Nous avions acheté une vieille maison et ses terres dont nous ne savions pas quoi faire. Je pensais vendre. Ma femme a suggéré : « Et pourquoi ne ferions-nous pas notre propre vin ? » Car Jean Massoud passe aussi beaucoup de son temps libre dans les caves du monde entier. Dans sa cave personnelle, les meilleurs Bourgognes, les plus grands vins alsaciens côtoient quelques-uns des plus somptueux vins du nouveau monde. « Hubert de Boüard, du château Angélus, nous a encouragés, affirmant que nous pouvions faire un très beau vin à condition de rester dans l’esprit d’un vin de garage. » L’esprit de garage ? Une production limitée à 15 000 bouteilles, un élevage respectueux du vin et du terroir, pour des assemblages en Cabernet, Petit Verdot (un cépage bordelais) et Syrah. « Notre vin doit être un bijou, qui exprime son terroir et puisse se distinguer des autres. » Et cela semble marcher. Testé alors que le vin n’avait pas terminé son cycle malolactique, on remarquait déjà une très belle élégance et des tanins puissants. « Un vin très haut de gamme », affirme Bernard Burtschy en dégustant un assemblage de 80 % de Syrah et de 20 % de Petit Verdot.
Le vignoble d’Atibaia a été entièrement aménagé sur des terres où ne poussaient plus que les chênes-lièges et quelques oliviers. Terrassés, les terrains ont été drainés, en laissant cependant la roche affleurante. Jean Massoud ne fait jamais rien à moitié. Si son vignoble ne s’étend que sur quatre hectares, il a cependant racheté une trentaine d’hectares tout autour. « Pour être sûr de l’environnement. Et préserver une partie de la région des appétits immobiliers. » Pour sa cave non plus, il n’a pas lésiné : le raisin descend par gravité dans la cave afin de ne pas le choquer pendant son transport. Pour la même raison, il est traité sur une table vibrante. Le moût est ensuite placé dans des cuves inox tronconiques fabriquées sur mesure… Avec un retour sur investissement à long terme que Jean Massoud n’envisage pas avant 20 à 30 ans. « L’ensemble du processus de fermentation est thermorégulé », fait valoir Diana Salamé, l’œnologue du domaine. Cet investissement représente au moins un million de dollars pour la seule mise en place de la cave. « Nous vinifions chaque parcelle de manière indépendante. Ce n’est que plus tard que nous procédons à l’assemblage. » Leur vin est encore en élevage dans les cuves. Il devrait ensuite vieillir en fûts de chêne pendant 12 à 18 mois dans des salles climatisées. Pour sa commercialisation, Jean Massoud est confiant. Distributeur d’alcools étrangers au Liban, il connaît le marché. Pourtant, il songe à un autre mode de vente : « Nous voudrions organiser des primeurs comme cela se pratique dans le Bordelais : les amateurs réservent leur vin à un prix fixé en avance, il leur est livré un an après. Mais au moins sont-ils sûrs d’obtenir leurs bouteilles à un prix avantageux. Du côté du vigneron, cela permet de faire rentrer plus rapidement du liquide. »


Domaine Najm
Retour à la terre

M. R.

Localisation : Bchabtine, près de Batroun, vignoble d’un hectare
Création : 1990
Production 2008 : 4 000 bouteilles (première récolte 2007)
Investissement : 100 000 dollars
Gamme de prix : 8 dollars pour le millésime 2007 ; 10 dollars pour le 2008.

Hiba et Salim Najm ne vivent pas de la vigne. Lui travaille comme ingénieur dans un bureau de génie civil fondé avec ses frères, quand sa femme, diplômée d’œnologie-viticulture, s’occupe du domaine. Mais leur vignoble de quelque 10 000 plants, installé sur les collines du Batroun, occupe tous leurs instants depuis qu’ils ont cultivé en 1990 leur première parcelle en Grenache et Cabernet. « Au début, c’était pour nous amuser. Puis, on s’est laissé prendre au jeu. Aujourd’hui, nous y mettons notre énergie et notre argent ! » Leur espoir ? Réaliser un vin de garage de qualité avec une production de 10 000 bouteilles. Pour cela, ils ont investi au fur et à mesure de leur besoin quelque 100 000 dollars. « Nous venons d’acheter un laboratoire pour mener nos propres analyses. Coût de l’acquisition ? 10 000 dollars », dit Hiba, en souriant. Les Najm estiment que leur exploitation est à un « stade encore expérimental ». Les premières parcelles ont, en effet, été plantées en Cabernet. Mais ce cépage, au rendement généreux, leur a semblé trop commun. Ils se sont donc tournés vers le Mouvèdre, très exigeant en matière d’ensoleillement, mais au rendement plus faible. Autre élément de différenciation, la conduite de la vigne s’effectue en gobelet, une taille traditionnelle de la région Languedoc (France). « Ici la terre est pauvre, peu fertile. Les nappes phréatiques sont enfouies profondément. Mais en contrepartie, la chaleur et la lumière sont puissantes. Nous n’avons pas besoin de “griller” le raisin en l’exposant trop comme c’est le cas de la culture en palissade », reprend Hiba Najm. Les vendanges sont manuelles et les trois cépages (Grenache, Cabernet, Mouvèdre) sont vinifiés séparément. L’assemblage se modifie d’une année sur l’autre. Amoureux de la terre, le couple produit également de l’arak et de l’huile d’olive. « Nous n’avons pas les moyens de procéder à une commercialisation professionnelle. Pour l’heure, nous nous contentons du bouche-à-oreille et d’une présence au cas par cas dans certains supermarchés du Nord. » Avec l’espoir, ajoute-t-elle, de très vite commencer à être reconnus à Beyrouth et de rentrer au moins dans leurs frais.

Coteaux de Botrys
Les drôles de dames de Eddé

S. L.

Cave à Eddé, vignoble sur trois villages Eddé, Kfifane et Jnar 16,5 hectares
Date de création : 1998
Production : 40 000 bouteilles en 2008
Exportation : uniquement sur le marché libanais
Chiffre d’affaires 2008 : 140 000 dollars
Investissement : 600 000 dollars
Répartition du capital : familiale
Gamme des prix : entre 6,60 et 18 dollars

On pourrait les appeler les drôles de dames du vin libanais. Elles sont trois et elles gèrent, ensemble, le vin produit par Coteaux de Botrys. Neila el-Bitar et Josianne Fayad el-Bitar sont des sœurs. La première dirige l’exploitation et vit sur le domaine, à Eddé, au-dessus du Batroun, la seconde est PDG de la petite entreprise familiale. Elles ont hérité du domaine en 2007, à la mort de leur père, le général el-Bitar, retraité de l’armée libanaise, pionnier de la renaissance de la production vinicole dans cette région, qui connaît désormais un certain engouement. Il avait commencé à planter des vignes sur son terrain, dans les hauteurs au-dessus du Batroun en 1998, sur un coup de tête, et investi plus de 600 000 dollars, entre les plants, la construction de la cave et le matériel de vinification.
La troisième est leur cousine. Maya Chedid Anid possède, avec son frère, des pieds de vigne dont le raisin est vinifié dans la même cave que les récoltes des sœurs Bitar. C’est le général qui avait encouragé toute la famille à se lancer dans le vin, passionné et persuadé que c’était un bon investissement.
Si l’entreprise est essentiellement familiale, elle compte aussi sur la participation d’un voisin, Sélim el-Zyr, qui vinifie ses récoltes à la cave d’Eddé. Sélim el-Zyr est président de la chaîne Rotana. Il garde 20 % du vin produit à partir de ses récoltes pour sa consommation personnelle et, en échange du travail de vinification, donne le reste à Coteaux de Botrys, qui les commercialise sous sa marque. La cave produit quelque 40 000 bouteilles par an et sera rentable si elle les vend en totalité.
Hormis une dizaine d’employés, dont l’œnologue français Yvan Jobard, personne ne vit encore de la vente des vins. Neila, décoratrice d’intérieur à l’origine, travaille à plein-temps sur l’exploitation, mais n’est pas payée, sa sœur non plus. Elles le font « par passion et pour la mémoire du général ». Chez les Anid, Charles est contrôleur financier et Maya, bénévole à la Croix-Rouge en plus de s’occuper de ses trois fils. Le vin est un hobby, auquel participe toute la famille. « Pour les vendanges, je recrute mes enfants, leurs camarades, des amis », rigole-t-elle.
L’entreprise se développe petit à petit. Pour le moment, elle est uniquement présente sur le marché local, grâce à des livraisons à domicile, mais aussi dans trois supermarchés : Charcutier Aoun, à la cave Aziz ainsi que dans une demi-douzaine de restaurants. Et pour améliorer la présence de Coteaux de Botrys, Josianne el-Bitar est en cours de négociation avec un distributeur. Mais elle se prépare aussi à l’export. Les drôles de dames souhaitent atteindre d’ici à 2015 une production équivalente à 70 000 bouteilles, soit la capacité totale de la cave.
Le premier objectif de Coteaux de Botrys, qui vend un tiers de ses stocks sans jamais avoir fait de marketing, c’est de se faire connaître. Pour cela, le domaine participe à tous les événements à sa portée et organise les siens. Cet été, en partenariat avec la ferme St-Jacques, située sur la colline d’en face et spécialisée dans les produits dérivés du canard, Neila a coordonné des déjeuners champêtres avec dégustation de ses vins. Émue, elle raconte aussi comment elle s’est retrouvée sans le savoir dans la “liste des bonnes raisons d’aller au Liban” publiée par l’hebdomadaire français L’Express : « On m’a appelée de France pour me dire que Coteaux de Botrys était dans l’hebdomadaire et c’est là que je me suis rendue compte que les quelques Français que j’avais reçus étaient journalistes. »

Aurora
Médecin la semaine, vigneron le week-end

S. L.

Localisation : Akoura près de Batroun (vignoble), cave à Rachkedde près de Batroun ; 1,4 hectare planté
Date de création : 2003
Production 2009 : 4 000 bouteilles
Exportation : 0
Investissement : environ 200 000 dollars
Répartition du capital : 100 % personnel
Gamme de prix : entre 10 et 20 dollars
Site : en construction

En 2003, Fadi Geara entame l’exploitation d’un vignoble sur des terres qu’il achète et d’autres qui lui appartiennent. Il crée la cave Aurora à Rachkedde, autour de ses vignes, dans la région du Batroun, dans le nord du Liban. Fadi Geara investit près de 200 000 dollars, entre l’achat de terres supplémentaires et du matériel de vinification pour la cave. Par « amour du vin et des choses nobles », contracté lors d’un séjour de dix ans en France lorsqu’il terminait ses études de médecine. Car ce médecin à l’Hôpital américain de Beyrouth travaille le vin en amateur sur ses week-ends. Obstiné, voire obsédé, la vigne représente l’un des “challenges” de sa vie. S’il veut que son exploitation soit professionnelle, il cherche surtout à se faire plaisir. Son but : faire de la très bonne qualité, grâce à un travail artisanal qui couvre ses frais. Sa joie : avoir son propre vin et l’offrir à des amis, le vendre aux « personnes avec lesquelles il peut en discuter », au gré de ses rencontres, comme les colloques de médecine par exemple. Il insiste sur ses particularités : « Aurora est un vin de montagne, c’est important, car la maturation du raisin y est plus lente et plus complexe qu’ailleurs. » Ce sera son positionnement : un “vin de garage”, réalisé en petite quantité ; un assemblage élevé dans le terroir montagnard calcaire avec des nappes phréatiques profondes du Batroun. Pour les rouges, son Château est un assemblage de Cabernet-Sauvignon et de Merlot ; tandis que sa Réserve est un mélange Cabernet-Sauvignon et Cabernet-Franc. Quant à sa cuvée Crystal (blanc), elle se compose de Sauvignon et de Chardonnay.
La gestion du domaine est vite devenue une affaire familiale : Fadi Geara peaufine la vinification ; sa femme se charge des étiquettes et du marketing. Sur place, son père s’occupe des ouvriers et aide à l’aménagement des terrains, tandis que son frère ouvre la cave aux techniciens et éventuels visiteurs en semaine.

Adyar
La coopérative de l’Ordre libanais maronite

S. L.

Localisation : Chouf, Jbeil et Metn, 45 hectares
Date de création : 2003
Production 2009 : 60 000 bouteilles
Exportation : pas encore
Ventes en 2008 : 60 000 bouteilles
Investissement : un million de dollars
Répartition du capital : entre les différents couvents
Gamme de prix : entre 10 et 18 dollars

Au début des années 2000, sous l’impulsion du couvent principal, le généralat, l’Ordre libanais maronite décide de se lancer dans la production de vin. Le but pour l’un des plus grands propriétaires terriens du pays est de fournir des revenus et une activité à des couvents qui en manquent. Huit monastères disposant de terres cultivables non utilisées entrent alors dans la coopérative vinicole Adyar : Kfifane, Annaya et Maad, dans la région de Jbeil-Batroun, Beit Chabab, Mar Moussa et Kobbaï, dans la région de Metn, et, dans le Chouf, les couvents de Reich Maya et Sir. Pour l’heure, Adyar possède deux caves. La production du Chouf étant assurée par la cave de la région de Jbeil-Batroun. « Une troisième devrait voir le jour rapidement. » S’ils avaient les terres, les moines maronites ont dû investir plus d’un million de dollars pour acheter les plants de vignes, mais aussi les machines et outils de cave.
« C’est une activité et une organisation qui correspondent bien à l’Ordre maronite, raconte Frédéric Cacchia, l’œnologue qui accompagne le projet et a formé les moines. Le vin est un produit noble, il nécessite le travail de la terre, ce qui a longtemps été le mode de vie des maronites libanais. » Chaque couvent s’occupe des vignes et vendange de son côté, puis les récoltes sont mises en commun au sein de chacune des trois régions (Jbeil-Batroun, Metn et Chouf). Les caves vinifient ensuite le vin et le mettent en bouteilles. « À terme, nous souhaitons que chacun des terroirs des régions où les couvents sont installés soit reconnu pour ses qualités spécifiques. Ainsi, dans le Metn, les vignes sont plantées à 900 mètres avec comme conditions climatiques d’importants écarts de température entre le jour et la nuit. Dans le Chouf, au contraire, les vignes ont été plantées dans une cuvette à 800 mètres d’altitude qui concentre la chaleur. C’est pourquoi, nous avons monté la gamme d’“Expression monastique” qui présente des vins élevés dans des régions différentes sous l’appellation des monastères. »
La coopérative emploie une cinquantaine de personnes qui aident à la vinification, la mise en bouteilles et la commercialisation, parmi lesquelles les moines des différents couvents, qui, eux, s’occupent des vignes. Issu de vignes certifiées bio par l’Institut méditerranéen de certification, basé en Italie (c’est le seul vignoble libanais à posséder une garantie conforme à la certification européenne), le vin est vendu essentiellement dans les boutiques des couvents de la coopérative ainsi que dans leur propre magasin de Beyrouth, situé à Sodeco. Adyar cherche aussi à le mettre en vente dans les points de vente spécialisés bio, pour profiter de ce marché en plein essor. La coopérative commence tout juste à démarcher les restaurants du pays.
« C’est très rentable », sourit Frédéric Cacchia, qui met en avant le réseau et le poids des maronites au Liban, qui utilisent leurs contacts pour faire connaître Adyar et écouler leurs bouteilles auprès des particuliers, au Liban mais aussi à l’étranger. La coopérative, qui produit trois vins représentant chacun une gamme (entrée, moyenne, haut de gamme), souhaite doubler sa production d’ici à deux ans et atteindre les 120 000 bouteilles.
Pour parvenir à un tel objectif, Adyar parie sur la diversité des cépages plantés. Aux traditionnels Syrah, Cabernet-Sauvignon ou Merlot sont donc venus s’ajouter des cépages moins communs tel le Sangiovese, cépage rouge qu’on retrouve dans le Chianti, ou l’espagnol Tempranillo. Côté blancs, outre le Chardonnay ou le Muscat, Adyar a planté des terrains en Roussane et en Marsanne, connus dans la vallée du Rhône. « Nous devons trouver comment le terroir libanais se distingue et exprime sa complexité. C’est pourquoi nous avons fait le pari de la diversité. » Parmi la gamme proposée, on remarque la délicatesse et la volupté du vin du monastère de Rechmaya (Chouf), un savoureux mélange de Syrah, de Cabernet et de Merlot, qui possède tout pour faire un très grand vin. Mais il faudra attendre : testé alors qu’il était encore élevé en cuve, ce monastère de Rechmaya devra patienter au moins deux ans en barrique.


Château Sanctus
Un vignoble en gestation

M. R.

Localisation : cave et vignoble autour de Mar Mama, Batroun, 5 hectares de vignes
Production : 15 000 bouteilles par an
Création : 2005
Investissement : 1 million de dollars
Gamme de prix : entre 15 et 35 dollars la bouteille

Le Dr Ramez Aouad, chirurgien orthopédiste de son état, a toujours aimé le vin. Le déguster entre amis, s’offrir des “grandes bouteilles” ou participer à des voyages “œnologiques” dans les meilleurs terroirs du monde… Un jour, alors qu’il contemple ses terres autour de la maison familiale de Mar Mama, sur les hauteurs du Batroun, l’idée germe presque naturellement : « Pourquoi après tout ne ferais-je pas mon vin ? » À partir de 1999, Ramez Aouad, aidé par son fils, financier parisien, qui l’assiste dans sa gestion, plante des cépages sur cinq hectares de terres : Cabernet-Sauvignon, Merlot, Syrah… En priorité des cépages nobles. La cave par elle-même (achat de matériel pour la vinification et l’élevage) a coûté 350 à 400 000 dollars. « La condition : qu’il s’agisse de notre propre vin dont nous superviserions toutes les étapes, de la culture de la vigne à l’élevage du raisin. » Avec l’aide d’un œnologue conseiller, Château Sanctus propose depuis 2009 trois cuvées principales. Un vin d’assemblage (Château Sanctus) ainsi que des monocépages. Tous vieillissent en fûts de chêne dans la cave installée dans les soubassements de la maison familiale. Les premières ventes, réalisées en 2009 au château, concernaient des vins mis en bouteilles en 2005 et 2006. Aujourd’hui, 15 000 bouteilles sont disponibles en vente directe. « Nous voudrions parvenir à un vignoble de 10 hectares pour une production de 40 000 bouteilles par an », précise Ramez Aouad. Le Dr Aouad sait cependant qu’une telle réalisation prendra du temps. « Mon fils et moi-même pensons qu’il faut une génération au moins d’un travail acharné pour réussir pareil projet. » Château Sanctus ne s’inscrit pas encore dans des réseaux traditionnels de commercialisation. Trop jeune, il n’est pas parvenu à susciter l’intérêt d’un distributeur et n’a pas les moyens de démarcher seul les éventuels points de vente. À défaut, il espère s’inscrire sur le parcours de la future route de vins de la région de Batroun. Pourtant, son vin présente de belles qualités. Lors de la dégustation organisée par Le Commerce du Levant, il a ainsi été salué comme « un vin de belle facture, bien vinifié, très homogène » par le président du jury.