La version libano-syrienne du Monde Diplomatique Éditions Arabes a été officiellement lancée en septembre, en partenariat avec le jeune quotidien libanais al-Akhbar.
Il s’agit de la huitième version papier publiée dans le monde arabe, après celles d’Arabie, des Émirats, du Qatar, du Yémen, d’Égypte, du Koweït et de Palestine. Dans tous ces pays, la formule du Diplo (affectueusement nommé ainsi par ses contributeurs) est la même : il s’associe à un grand quotidien local à qui il fournit, moyennant royalties mensuels, des articles traduits et des articles propres à l’édition arabe (qui selon les mois représentent 20 à 25 % du total) ; et le quotidien local se charge d’éditer et de distribuer le Diplo dans le pays. « La législation des pays arabes est très compliquée, il faut trouver un moyen de s’accorder avec eux ; d’où ce modèle économique », explique Samir Aïta, directeur général du Monde Diplomatique Éditions Arabes. Ce dernier tire actuellement à 800 000 exemplaires, dont près de 50 % rien qu’en Égypte et 20 % en Arabie saoudite. Il emploie à Paris plus de sept personnes à temps plein, entre traduction et secrétariat, sans compter les auteurs des articles qui ne sont pas des employés permanents. Et il reverse au Monde Diplo français des royalties sous forme de pourcentage du chiffre d’affaires, dont Samir Aïta préfère ne pas divulguer le montant.
Au Liban, l’objectif était d’entrer en propre, mais la loi de 1953 interdit tout nouveau magazine politique sauf à racheter une licence déjà existante. D’où le partenariat avec al-Akhbar. Le contrat conclu est valable deux ans, reconductible annuellement. C’est al-Akhbar qui gère l’édition, l’impression, la distribution et la publicité. Cette dernière est inexistante pour le moment. « Nous cherchons un sponsor », affirme Khaled Saghieh, l’éditeur exécutif du Akhbar. Aux dires de Samir Aïta, tous les partenaires du Diplo dans la région ont augmenté leurs ventes et leurs investissements publicitaires depuis 2005, date de la première édition papier dans le monde arabe. « Nous avons également développé un système de suppléments qui attire des annonceurs », explique Aïta.
L’accord entre al-Akhbar et le Monde Diplo fixe à terme un objectif de distribution de 30 000 exemplaires entre le Liban et la Syrie. Pour le moment, il tire à 18 000 exemplaires (15 000 au Liban, 3 000 en Syrie) et est distribué le premier samedi de chaque mois, en supplément gratuit du Akhbar. Il est ensuite disponible à la vente en kiosque au Liban le reste du mois, à un prix de 2 000 livres libanaises.
Saghieh voit dans le Monde Diplo un fort « vecteur d’émulation » pour ses propres journalistes et un moyen de renforcer le message du Akhbar, qui se positionne à gauche, comme Le Monde Diplo. Pour Aïta, le Diplo « a une place unique dans l’environnement de la presse arabe : c’est un magazine d’investigation qui défend une certaine idée du monde », affirme-t-il. Dans cette optique, il travaille actuellement à l’expansion du Diplo arabe dans le reste des 22 pays arabes de la région.
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