Toromoro est née de la volonté du photographe libanais Tony el-Hajj d’avoir une plate-forme d’exposition sur Internet de ses nombreuses archives de photos. Il en parle à un ami de longue date, Roger Moukarzel, photographe lui aussi, qui est à la tête de l’agence libanaise de production photos Minime (prononcer Mini Mee, à l’anglaise). Séduit par l’idée, Roger Moukarzel s’associe à el-Hajj et Toromoro débute il y a deux ans.
Réellement fonctionnel depuis le premier trimestre 2009, date de la mise en ligne du site, Toromoro se targue d’une base de 50 millions d’images, dont seules 27 000 sont en ligne à ce jour. Cette base d’images est constamment alimentée par un réseau de sept photographes au Liban, par de nombreux collaborateurs au Moyen-Orient et surtout par les photos du réseau Chronoshoot. Ce dernier, dont Toromoro est le représentant exclusif au Moyen-Orient, regroupe une quarantaine d’agences photos dans le monde entier.
Jusqu’à présent, Moukarzel et el-Hajj, qui se donnent trois ans pour rentrer dans leurs frais, ont investi 150 000 dollars dans le projet, entre création du site Internet, frais de fonctionnement, voyages et achats. Les photographes sont, quant à eux, rémunérés en droits d’auteur : entre 50 et 60 % du prix de la photo, qui lui-même varie entre 10 et 600 euros.
Les clients de Toromoro sont en premier lieu la presse, écrite et en ligne, locale et régionale, parfois internationale... Mais Tony el-Hajj ne compte pas dessus pour rentrer dans ses frais. « À l’inverse de la presse occidentale, il n’y a pas de directeur artistique dans la presse régionale ; ce qui nous pose un problème d’interlocuteur », déplore-t-il. Et la presse internationale est aujourd’hui en crise, ce qui pénalise les revenus provenant de l’étranger. L’activité rémunératrice de l’agence revient aux “services” qu’el-Hajj peut développer pour ses clients : il a par exemple, à la demande du créateur, couvert le défilé de Rabih Kayrouz à Paris qui a, par la suite, offert à ses clientes de consulter les photos en ligne. Il a de la même façon couvert les Jeux de la francophonie. Et à terme, une fois que le profil de ses clients lui sera plus familier, il souhaite développer un concept de projets clés en main pour certains magazines, avec photos et textes inclus.