La radio Monte Carlo Doualiya, anciennement connue sous le nom de RMC-Moyen-Orient, a lancé une nouvelle grille de programmes le 19 janvier 2010. L’ambition affichée du nouveau PDG, Alain de Pouzilhac, de passage à Beyrouth, est d’en faire une radio pour les leaders d’opinion du monde arabe. Tâche difficile pour cette station historique, fondée en 1972, dont l’audience actuelle est de 5,1 millions d’auditeurs, en constante érosion depuis une dizaine d’années. « Les études montrent que Doualiya est perçue comme étant la radio des grands-pères et des pères ; nous voulons changer ça et en faire la radio des jeunes », affirme-t-il. Car c’est parmi les jeunes que l’on trouve ce que de Pouzilhac appelle « les nouveaux leaders d’opinion », ceux qui par leur utilisation des technologies créent des communautés. « Les leaders d’opinion classiques, à savoir les personnes qui ont un salaire supérieur à 80 000 euros (111 000 dollars) par an, représentent 10 à 15 % de la population ; si on y ajoute les hommes d’influence (universitaires, médias) et les nouveaux leaders d’opinion, on touche 25 à 30 % de la population », explique-t-il.
La nouvelle grille de programmes de Monte Carlo Doualiya, dont les émissions sont produites en France, comporte donc plus de programmes pour les jeunes et pour les femmes. « Nous avons organisé un blind test au Liban avec quelques programmes de la nouvelle grille, affirme de Pouzilhac, et notre part de marché est passée de 4 à 4,8 % en quelques mois. »
Le budget de Monte Carlo Doualiya, qui dépend de l’Audiovisuel extérieur de la France (AEF, voir encadré), était de 18 millions d’euros en 2009, pour une équipe de 85 personnes hors correspondants. Ce budget est amené à augmenter de 30 % par an sur les trois prochaines années.
La radio, bien que dépendant juridiquement de Radio France Internationale (RFI), fait partie du pôle arabe de l’AEF dirigé par Nahida Nakad, qui regroupe aussi la rédaction arabe de France 24. « La langue arabe est la langue prioritaire de l’AEF, à cause de la proximité entre le monde arabe et la France », explique-t-elle. Une quarantaine de synergies ont été mises en place depuis le premier trimestre 2009 entre les deux entités, sur les contenus, la distribution, les études et les multimédias. À terme, l’objectif est d’avoir une seule équipe pour les deux médias.
Actuellement, Doualiya diffuse sur le Proche et Moyen-Orient en ondes moyennes (AM) et travaille au développement de son réseau FM, devenu incontournable dans la région : elle dispose en effet de 14 émetteurs FM dans une dizaine de pays du Moyen-Orient et d’Afrique, et compte doubler ce nombre d’ici à 18 mois. Doualiya mise aussi sur les téléphones mobiles, le satellite et les web radio pour se relancer. Elle prépare son implantation au Maghreb d’ici à septembre. Au Liban, la radio n’est présente que sur les ondes moyennes (fréquence 1 233 Khz), mais de Pouzilhac souhaite l’introduire en ondes FM, via des implantations ou des partenariats.
« Aujourd’hui la jeune génération compare : sur un événement comme les manifestations en Iran par exemple, elle va chercher un point de vue arabe, un point de vue américain et un point de vue qui, nous l’espérons, sera celui de la France. »