« Le modèle économique de l’industrie du livre est lié au support physique, et ce depuis la création de l’imprimerie », explique Cyril Hadji-Thomas, éditeur libanais et spécialiste de l’édition sur Internet. Entre l’auteur et le client final, il y a l’éditeur, le distributeur et le libraire. Le rôle de l’éditeur est d’acheter les droits d’auteur, de produire le livre (le corriger, l’éditer, faire la maquette…) et de l’imprimer. Le distributeur assure, quant à lui, la logistique entre l’éditeur et le libraire, qui va assurer la promotion du livre auprès du lecteur. Sur un ouvrage vendu à 10 dollars en librairie, l’auteur touche entre 0,5 et un dollar, le distributeur paie à l’éditeur entre 3 et 5 dollars, et le libraire rémunère le distributeur entre 6 et 7,5 dollars.
Sur Internet, le distributeur et le libraire sont remplacés par une seule personne : le site (type Amazon). « Mais dans certains cas, il faut ajouter les affiliés des gros sites, qui en revendent l’offre et prélèvent entre 5 et 10 % du prix », précise Hadji-Thomas. « Et les coûts d'approche du client sur Internet pour les gros sites sont assez élevés (on peut aller jusqu'à un dollar par achat, ce qui fait environ 10 %) », explique-t-il.
Le livre électronique, en modifiant le format du livre, introduit trois nouveautés majeures selon lui : les coûts du livre sont plus rapides à amortir, car les coûts logistiques et les loyers sont moindres ; « mais une partie de ces coûts est remplacée par les investissements nécessaires pour développer et faire évoluer le site », remarque-t-il. Il permet à de petits éditeurs d’avoir accès à des portails tels Amazon qui leur offrent une plus grande distribution à moindre coût ; et enfin il devient possible de vendre un livre par chapitre, ce qui est très utile pour les livres scientifiques et professionnels.