Mohamad Zeitoun est parmi les rares Libanais sinon le seul dans le monde de la restauration à avoir d’abord réussi dans le Golfe avant de s’implanter au Liban. Maki, le restaurant japonais qu’il a ouvert en 2002 à Koweït, en est aujourd’hui à sa troisième enseigne dans ce pays et c’est après huit ans de succès qu’il ouvre rue de Damas à Beyrouth.
Mohamad Zeitoun se positionne aussi à contre-courant des autres restaurateurs libanais qui cherchent à tout prix à s’implanter dans le Golfe par le biais d’une franchise. Zeitoun ne franchise pas son concept, mais investit lui-même avec ses deux frères Oussama et Amer.
« Toute personne qui travaille dans le domaine de la publicité rêve un jour d’ouvrir un restaurant », déclare Mohamad Zeitoun, ancien publicitaire, connu aussi sous le surnom de “Oliver” (jeu de mots avec son nom de famille en arabe). Avec son restaurant Maki, Mohamad, 45 ans, a non seulement réalisé ce rêve mais a également réussi à s’imposer avec brio dans son nouveau métier.
Après des études en économie à l’Université américaine de Beyrouth, Zeitoun a débuté avec BBDO pendant trois ans, puis avec Publicis Graphics pendant 17 ans. À cette époque, il se passionne pour la cuisine japonaise et reçoit régulièrement ses amis pour déguster des sushis qu’il prépare lui-même à la manière artisanale des chefs japonais. Après de nombreuses recherches, lectures et dégustations dans des restaurants à travers le monde, il parfait sa connaissance dans le domaine.
Ses amis apprécient sa cuisine, l’encouragent à ouvrir un restaurant. L’idée, “au départ une plaisanterie”, fait son chemin dans sa tête et, en 2002, Zeitoun ouvre avec ses deux frères un restaurant de fine cuisine japonaise au Koweït avec 350 000 dollars d’investissement ; il réalise le retour sur investissement en moins de six mois. Un an plus tard, il quitte la boîte de publicité tout en gardant de bonnes relations avec ses collègues.
La restauration devient le métier de Mohamad Zeitoun. Et depuis 2004, il se rend chaque année au Japon pour y passer deux mois et y parfaire sa connaissance de la cuisine japonaise contemporaine.
En décembre dernier, Maki ouvre ses portes rue de Damas, un emplacement que Mohamad privilégie car « loin des embouteillages tout en étant central ». Avec un investissement de 1 300 000 dollars (équipement de cuisine et entrepôts frigorifiques compris), le restaurant s’étend sur une superficie de 370 m2 et peut recevoir une centaine de personnes. Le décorateur Karl Yazbek, en total accord avec le propriétaire des lieux, a créé un intérieur minimaliste et zen, mais chaleureux. Pour un ticket moyen de 50 à 60 dollars, le client peut goûter les spécialités et les créations exclusives de Maki et apprécier la cuisine japonaise sous toutes ses déclinaisons.
Aujourd’hui Zeitoun possède trois restaurants au Koweït, un à Beyrouth et un nouveau Maki à Bahreïn dont l’ouverture est prévue en avril 2010. Il considère que la clef du succès réside dans la qualité de ses produits, importés en grande partie du Japon ou d’Europe, dans la formation continue de son personnel (250 personnes à ce jour), ainsi que dans le choix des équipements.