Ils sont 7.401 Libanais selon la Middle East Airlines à être rentrés au pays depuis le début du conflit en Côte d’Ivoire en novembre et les pertes financières encourues par leurs entreprise se chiffrent en millions de dollars.
Selon le consulat libanais en Côte d'Ivoire, il n'existe pas de statistiques précises sur le nombre exact de Libanais dans le pays, mais il seraient entre 60.000 et 100.000 personnes. Ils font tourner une grosse partie de l'économie et font travailler plus d'un demi-million d'Ivoiriens dans leurs entreprises. Celles-ci se concentrent dans les secteurs industriel et tertiaire et contrôlent entre autres les industries du fer, de produits cosmétiques, l'hôtellerie et l'immobilier.
D'après un Libanais resté sur place, il est encore trop tôt pour parler de stabilisation de la situation après l'arrestation de Laurent Gbagbo qui n'acceptait pas de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara. Les restaurants et supermarchés des quartiers résidentiels majoritairement habités par des Libanais reprennent progressivement leurs activités, mais les zones commerciales sont entièrement fermées.
« Cela faisait quatre mois qu’on avait cessé toutes nos activités. Les pertes financières encourues par ma société de publicité sont énormes. Le manque à gagner est de 200 000 dollars. J’ai aussi des dettes de 100 000 dollars à payer à des entreprises étrangères avec qui je collabore et un stock de produits entreposé qui risque d’être pillé à tout moment, avec une valeur de 200 000 dollars », explique un chef d'entreprise libanais rentré au pays avec toute sa famille et qui a souhaité garder l'anonymat.
Farès Nassar qui vit en Côte d’Ivoire depuis près de quarante ans, a lui aussi pris le chemin du retour pour le moment. « Je travaille dans l’immobilier et mon magasin a seulement eu quelques vitres cassées, mais beaucoup d’entreprises libanaises ont perdu des millions de dollars en raison des pillages et de l’arrêt de toutes les activités économiques. De plus, comme les banques ont fermé, les particuliers ont caché une grande partie de leur argent chez eux et les pilleurs le savaient ».
Tous les deux s’accordent à dire que la situation sécuritaire en Côte d’Ivoire reste catastrophique et qu’il n’est pas question que leur famille y retourne avant la fin de l’année scolaire. « Mais dès que les banques rouvriront d’ici une dizaine de jours à peu près, je prends le premier avion vers Abidjan en espérant reprendre mes activités commerciales au plus vite », affirme Farès Nassar.
La fermeture soudaine en janvier de la Banque Centrale d’Afrique de l’Ouest et de toutes les banques commerciales étrangères a marqué la mise en arrêt de la majorité des activités commerciales du pays.


