Avec le pétrole et le gaz, d’un côté, et les Airbus et autres locomotives, de l’autre,
la France pourrait bien devenir le premier partenaire commercial de la Syrie.

Parmi les pays du Machrek, la Syrie est actuellement le sixième client et quatrième fournisseur de la France. De janvier à octobre 1999, les exportations françaises vers la Syrie ont connu une augmentation de 92,1 % par rapport aux neuf premiers mois de 1998.
De façon concomitante, les importations françaises ont régressé de 8,3 %, ce qui a permis à la France de dégager un excédent commercial de 400 millions FRF, alors que le solde était déficitaire sur la même période en 1998. Le taux de couverture des importations par les exportations est désormais de 126,1 % contre 60,3 % seulement l’année dernière à la même époque.
Second importateur de produits syriens après l’Italie et devant l’Allemagne, la France devrait enregistrer dès cette année un rééquilibrage de ses échanges avec la Syrie. Les tendances observées en 1998, à savoir l’augmentation de la valeur des exportations françaises vers la Syrie (1,7 milliard FRF) et la baisse des achats (2,2 milliards FRF) en provenance de Syrie, se confirment.
Sur les neuf premiers mois de 1999, la France a exporté en valeur plus qu’au cours de toute l’année 1998. Après un fléchissement des ventes à la Syrie en 1997, la croissance des exportations françaises initiée en 1996 avait repris en 1998. L’année 1999 se place, par conséquent, dans cette tendance, la France récoltant les fruits de contrats aéronautique et ferroviaire passés avec la Syrie en 1997.

L’effet des 6 Airbus

Au cours des trois premiers trimestres de 1999, les exportations françaises ont fortement augmenté du fait de la livraison de quatre Airbus sur les six commandés par la Syrie. Sans ces ventes aéronautiques, la valeur des exportations se serait située à un niveau comparable à celui de 1998.
La France vend également à la Syrie des biens intermédiaires (en particulier des produits chimiques et sidérurgiques) et des produits agroalimentaires (notamment du sucre et des céréales). Au total, les exportations de produits agroalimentaires ont progressé de près de 30 % depuis le début de l’année.
En revanche, les exportations de produits pharmaceutiques sont de l’ordre de 24 %.
Fin septembre 1999, les ventes de produits de l’industrie automobile représentent moins de 3 % du total des exportations, contre un peu plus de 8 % l’année d’avant à la même époque, soit une baisse de près de 30 % en valeur.
Enfin, les matériels électriques ainsi que les engrais restent parmi les produits les plus vendus par la France à la Syrie, en se maintenant à des niveaux de ventes comparables à ceux de 1998, à la même époque.
Le pétrole et le gaz naturel représentent presque 90 % des importations françaises en provenance de la Syrie. Le groupe Elf, qui extrait environ 60 000 b/j sur les champs de Deir Ez-Zor, s’approvisionne auprès du Bureau syrien de vente et de promotion du pétrole, pour fournir ses raffineries situées sur le pourtour méditerranéen. Malgré la hausse du prix du brut depuis le printemps dernier, la France a réduit ses achats de pétrole de 11,4 % en valeur, ce qui signifie que les volumes achetés à la Syrie ont baissé dans des proportions bien plus importantes.

Vers un excédent
commercial en 1999

Depuis plus de dix ans, les échanges commerciaux de la France avec la Syrie étaient déficitaires. Ce déficit avait commencé à se réduire à partir de 1997. En septembre 1999, grâce à l’effet conjugué d’une augmentation des exportations et d’une diminution des importations, le commerce français avec la Syrie est déjà excédentaire de 400 millions FRF.
La livraison au quatrième trimestre du dernier Airbus commandé par la Syrie ainsi que celle de la première des trente locomotives commandées à Alstom, devrait encore accroître cet excédent. La France devrait ainsi cette année améliorer son classement parmi les fournisseurs de la Syrie – 4e rang en 1998, derrière l’Allemagne, l’Italie et l’Ukraine – tout en restant son deuxième client. En cumulant les flux d’importation et d’exportation, la France deviendra probablement cette année le premier partenaire commercial de la Syrie.

(*) Ce texte de la journaliste syrienne Lina Farah est basé sur les données fournies par le Poste d’expansion économique de l’ambassade de France à Damas.